Onglons : de la stabulation entravée à libre

pareurL’arrivée des étables à stabulation libre a amené plusieurs changements dans le parage des onglons. « Lorsqu’on taille les onglons dans une étable entravée, c’est complètement différent d’une étable où les vaches sont libres. Les vaches attachées ont beaucoup plus de corne, car il n’y a presque pas d’usure. Lorsqu’elles sont en stabulation libre sur le ciment, la corne est parfois usée à 110 % et il faut essayer de la mettre d’aplomb », constate le spécialiste.

D’ailleurs, Jacques Pépin encourage les éleveurs à faire tailler les onglons de toutes leurs vaches au minimum trois mois à l’avance lorsqu’elles passent d’une stabulation entravée à une nouvelle étable en stabulation libre, surtout si le sable est utilisé comme litière. La taille des onglons ne doit alors pas être excessive. Elle doit permettre également de garder une partie de la vieille corne. Pour ce faire, les pareurs d’onglons professionnels ont appris à travailler selon la méthode du carré de pied. En procédant de cette manière, ils protègent le talon et la pointe du pied en conservant un maximum de corne. « Cette méthode permet de conserver l’aplomb de la vache et en même temps la solidité du talon et de la pointe du pied. Il ne faut pas oublier que les onglons vont continuer d’user sur le ciment », indique le spécialiste.

Lorsqu’une vache attachée va dans une stabulation libre, la vieille corne devient humide au début. Puis, avec le temps, la muraille casse et la vieille corne tombe. Ensuite, la corne use souvent plus vite qu’elle ne pousse, ce qui peut occasionner des problèmes, précise le pareur. « Les apprentis tailleurs font souvent l’erreur de tailler pour obtenir un pied blanc, indique-t-il. C’est-à-dire qu’il ne reste plus de vieille corne et c’est la boiterie qui survient trois jours plus tard. En taillant ainsi, ils se rapprochent trop de la partie molle du pied ».

Bien répartir le poids de l’animal sur l’ensemble du pied est capital. Habituellement, Jacques Pépin ne touche pas à la muraille tout en tenant compte de la sensibilité de la sole des onglons pour les vaches en stabulation libre. Selon lui, une bonne partie du chèque de paie est due à un bon parage des onglons.

Pour éviter les problèmes en stabulation libre, Jacques Pépin recommande également de mettre des tapis de caoutchouc dans l’allée d’alimentation, car cela aide à maintenir une usure des onglons presque parfaite. Les bousculades ont généralement lieu à l’aire d’alimentation, ce qui accentue l’usure lorsque les vaches sont sur le ciment. Avoir la moitié de l’allée d’alimentation sur le caoutchouc est également une bonne alternative.

Pour ce qui est de la manipulation des vaches lors du taillage des onglons, il note beaucoup d’amélioration dans les nouvelles stabulations libres : le déplacement des vaches est plus facile. Par contre, selon lui, il reste du travail à faire quant à l’aménagement de l’aire d’attente et du couloir pour diriger les vaches calmement vers la cage. « Il serait avantageux qu’il y ait des échanges constructifs entre les pareurs d’onglons du Québec et les constructeurs d’étable pour faciliter la manipulation des animaux lors du parage », croit-il.

Vous voulez en savoir plus sur Jacques Pépin et le parage des onglons? Consultez l’édition d’avril du Bulletin des agriculteurs pour lire un article complet de l’agronome Alain Fournier.

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