Qu’est-ce qui motive les jeunes à se diriger vers le bio?

« Je viens d’une ferme de grandes cultures avec quelques terres certifiées bio, explique Jeanne Durivage. Nous faisons de plus en plus de recherches sur les engrais verts. » Pour l’avenir, Jeanne aimerait ramener un troupeau de bovins de boucherie sur les terres qu’elle prévoit reprendre avec son cousin. « Les vaches, c’est mon dada », dit-elle.

Jeanne fait partie des 11 étudiants des nouveaux profils biologiques du programme Gestion et technologies des entreprises agricoles (GTEA) de l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) de La Pocatière : production laitière, polygastriques (bovins, ovins et caprins, tous pour la viande) et monogastrique (poulets à chair et porcs).

« On apprend que la pensée se rapproche de plus en plus du bio, que la ligne est de plus en plus mince entre le conventionnel et le bio », explique Raphaël Rioux. Raphaël vient d’une ferme en transition vers le bio. Il se voit déjà à la tête d’une ferme laitière et bovine avec son frère. « On veut se diriger vers l’innovation », explique Raphaël.

Jeanne et Raphaël font partie des sept étudiants sur 11 qui viennent d’une ferme. Certains ont des projets bien définis pour dans trois ans. D’autres aimeraient avoir une ferme biologique, mais rien n’est clair.

C’est le cas notamment des cousines Sarah et Maryline Pelletier. La ferme dont elles proviennent a déjà de la relève établie et la grandeur de la ferme rend difficile le transfert vers le bio. Mais elles ont encore quelques années devant elles. « Je me vois sur une ferme conventionnelle ou bio, explique Sarah. Mais j’aimerais appliquer les principes bio en conventionnel. »

Dans cinq ans, Tommy Guitard se voit à la tête d’un élevage bovin bio, peut-être en Mauricie. Il pousse l’idée jusqu’à la mise en marché. « J’aurai peut-être une boucherie bio avec un fumoir », dit-il.

Catherine Labonté aimerait démarrer en production ovine biologique. « J’irais chercher la mention halal, dit-elle. Il n’y a pas grand monde qui savent ce que c’est. » Avec son copain Cory, également étudiant, mais en profit végétal, ils prévoient une ferme bio multifonctionnelle : ovins pour viande et laine, et production végétale pour le textile, lin et asclépiade. Originaires de la Montérégie, ils aimeraient bien s’installer en Colombie-Britannique, mais le coût de la vie y est dispendieux.

Rebecca P. Bérubé se voit déjà reprendre la ferme de ses parents avec sa soeur. « On est déjà bio au complet », dit-elle. De son côté, Louis Hamel voit grand. « Je vais me démarrer une bergerie de 500 à 600 brebis dans la région de Lévis, dit-il. Je veux être assez gros pour nourrir avec de l’ensilage et de la RTM. »

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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