Lancement de « 100 carrières de l’agriculture, des pêches et de l’alimentation »

Montréal (Québec), 8 novembre 2004 – « Les secteurs de l’agriculture, de l’alimentation et des pêches vivent des transformations importantes, dont le succès dépend fortement du recrutement et de la formation d’une main-d’oeuvre compétente. Dans plusieurs professions, l’ampleur des besoins se bute cependant à la rareté des candidats et à l’imminence des départs à la retraite. De plus, des programmes d’études dont les diplômés seraient recherchés sur le marché du travail ne démarrent pas ou ont peine à démarrer, faute d’inscriptions suffisantes », affirme François Cartier, vice-président et éditeur des Editions Jobboom.

Monsieur Cartier a exprimé ce constat à l’occasion de la sortie de l’ouvrage inédit « 100 carrières de l’agriculture, des pêches et de l’alimentation », un guide d’exploration des nombreuses carrières qui se déploient au sein de ces secteurs clés de notre économie.

100 offres pour 20 diplômés en transformation alimentaire
Parmi toutes les industries manufacturières, celle des aliments et boissons connaîtra un rythme de croissance des plus élevés pour la période 2003-2007. « A l’échelle nord-américaine, cette industrie est soumise à de fortes pressions pour développer des produits qui répondront aux besoins changeants des consommateurs, explique François Cartier. De plus, les normes gouvernementales en matière de qualité des aliments sont de plus en plus sévères. Dans ce contexte, les détenteurs d’un DEC en technologie de la transformation des aliments sont de plus en plus convoités. » Toutefois, à l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) de Saint-Hyacinthe, un des trois établissements à offrir le programme au Québec, on reçoit annuellement plus d’une centaine d’offres d’emploi pour seulement une vingtaine de diplômés.

Les diplômés universitaires qui conçoivent les nouveaux aliments ou encore les systèmes de contrôle de qualité sont également très recherchés. A l’Université Laval, on affirme qu’il y a un manque de diplômés qui soient de véritables spécialistes du développement de produits. Les sortants du bac en science et technologies des aliments de cette institution ont souvent le choix entre plusieurs offres d’emploi. De même, tous les diplômés du programme Food Science de l’Université McGill trouvent du travail à la fin de leurs études. Un élève qui entreprend son bac en 2005 serait donc assuré de trouver un emploi : on y reçoit en moyenne deux à trois fois plus d’offres qu’on y compte de diplômés.

« Enfin, près d’un tiers des travailleurs du secteur est âgé de 45 ans ou plus, selon le dernier recensement (23 % sont âgés de 45 à 54 ans, et 8 % de 55 ans et plus), ajoute M. Cartier. On anticipe donc une vague de départs à la retraite. »

Baisse de 25 % des inscriptions dans le secteur agricole
« Il est connu que la main-d’oeuvre agricole est difficile à trouver, commente François Cartier. De plus, entre 1999 et 2003, le nombre d’inscriptions pour l’ensemble des sept programmes de formation en agroalimentaire de niveau collégial a diminué de 25 %. Or, tant en formation collégiale que professionnelle, les élèves inscrits dans les programmes liés à l’agriculture se destinent majoritairement à reprendre la ferme de leurs parents. Il reste donc peu de candidats disponibles pour satisfaire les besoins de main-d’oeuvre des entreprises. »

Selon les établissements sondés, les diplômés de la formation professionnelle en production laitière, par exemple, ne suffisent pas à la demande des employeurs. Au Centre de formation agricole de Saint-Anselme, il y a annuellement plus d’offres d’emploi que de diplômés du programme. En production porcine, la dizaine de sortants reçoivent jusqu’à soixante offres d’emploi par année. A l’Ecole d’agriculture de Nicolet, la cohorte de cinq diplômés de ce DEP n’arrivait pas à combler les besoins en 2004, et l’on éprouvait des difficultés à avoir suffisamment d’inscriptions pour démarrer un groupe en 2005.

Au collégial, dans le programme en gestion et exploitation d’entreprise agricole qui prépare la relève à la direction des fermes, la quarantaine de diplômés de l’ITA de Saint-Hyacinthe se partageront quelque 180 offres d’emploi en 2004, un ratio qu’on dit récurrent ces dernières années.

Commerce de l’alimentation : jusqu’à 70 offres pour 9 diplômés
« Les grandes chaînes d’alimentation sont actuellement en pleine expansion, poursuit M. Cartier. Elles mettent les bouchées doubles pour trouver bouchers, pâtissiers, cuisiniers, boulangers et poissonniers. Outre l’expansion des magasins, cette demande s’explique par plusieurs facteurs : exigence des consommateurs pour des produits plus raffinés, rareté des candidats diplômés en formation professionnelle et départs à la retraite. »

Le métier de boucher est particulièrement recherché. Au Centre de formation professionnelle Jonquière, on affirme que le nombre de diplômés est insuffisant pour répondre à la demande. En mai 2004, une douzaine d’offres ont été laissées de côté dans cet établissement, faute de candidats. A l’Ecole hôtelière Barthélémy-Joliette de Lanaudière, on affirme qu’une bonne partie des sortants obtiennent un emploi avant la fin de leurs études dans l’entreprise dans laquelle ils ont réalisé leur stage.

Au Centre de formation professionnelle Relais de la Lièvre-Seigneurie, par exemple, la dizaine de diplômés du DEP en cuisine actualisée ont pu choisir parmi quelque 70 offres d’emploi en 2004. Le Centre Calixa-Lavallée fait état d’un taux de placement de 100 % au sujet des diplômés de ce même programme, ainsi que pour ceux en boucherie de détail, en pâtisserie et en cuisine d’établissement.

Pêches : les crustacés prennent la relève!
« Depuis le moratoire sur la pêche au poisson de fond, on pourrait croire que la capture en mer n’a plus d’avenir. Or, les crustacés sont toujours présents en quantité appréciable et se vendent à prix intéressants, ce qui crée des besoins de main-d’oeuvre spécialisée », fait valoir M. Cartier.

Les diplômés des formations professionnelle et collégiale en aquaculture bénéficient du développement de cette nouvelle branche en Gaspésie et aux Iles-de-la-Madeleine. Selon le Centre de formation professionnelle l’Envol de Carleton, les demandes des employeurs dépassent l’offre de diplômés du DEP.

L’AEC en contrôle de qualité des produits de la pêche se révèle aussi très pertinente pour les travailleurs de ce secteur, tout comme le DEC en transformation des produits de la mer. Ce dernier programme, offert au Centre spécialisé des pêches de Grande-Rivière en Gaspésie, serait en mesure de former une douzaine de personnes par année, mais il n’y avait aucune inscription au moment de l’enquête. L’AEC, quant à elle, a été offerte à l’hiver 2004, mais pas à l’automne à cause du trop petit nombre d’inscriptions.

Le programme de maîtrise en gestion des ressources maritimes, offert à l’Université du Québec à Rimouski, présente pour sa part un taux de placement de 100 %. Souvent, les étudiants obtiennent un emploi avant même d’avoir terminé leurs études, selon le service de placement de l’établissement.

100 témoignages et milieux de travail à explorer
De l’agronome au boulanger, du technologue en contrôle des procédés au mécanicien de bateaux de pêche, tous les professionnels interrogés dans « 100 carrières de l’agriculture, des pêches et de l’alimentation » parlent de leurs tâches quotidiennes et de leur motivation au travail. Ils livrent aussi des conseils à la relève et partagent avec elle les principales étapes de leur parcours scolaire et professionnel.

« Le guide “100 carrières de l’agriculture, des pêches et de l’alimentation” est le fruit d’une collaboration avec les comités sectoriels de main-d’oeuvre de la production agricole, des pêches maritimes, de la transformation alimentaire et du commerce de l’alimentation. Il veut présenter l’étendue des possibilités offertes par ces secteurs, pour tous les horizons de formation, a expliqué François Cartier. A travers la centaine de témoignages, on comprend à quel point les ouvertures dans le domaine concernent autant les professionnels issus de la formation universitaire que les diplômés de la formation professionnelle et technique. Quelle que soit l’étape où ils en sont, ceux qui s’y intéressent peuvent faire une première exploration et trouver un cheminement correspondant à des besoins de main-d’oeuvre importants. »

Aussi dans « 100 carrières de l’agriculture, des pêches et de l’alimentation » :

  • Les principaux programmes d’études
  • Les principaux organismes et les regroupements professionnels

    100 carrières de l’agriculture, des pêches et de l’alimentation 172 pages, 16,95 $Commerce de l’alimentation
    Les gérants de rayons et les directeurs de magasins qualifiés sont très demandés. On trouve aujourd’hui entre 40 000 et 60 000 produits dans une épicerie, comparativement à environ 12 000 il y a une dizaine années. Cette complexité accrue exige une solide préparation, que les candidats peuvent acquérir en suivant un diplôme d’études collégiales (DEC) en gestion de commerces ou une attestation d’études collégiales (AEC) en gestion de département de marché d’alimentation.

    Au Centre Calixa-Lavallée, le DEP en vente des produits de la pêche pourrait aussi connaître un très bon taux de placement, mais aucun élève n’y était inscrit au moment de l’enquête. Un groupe pourrait toutefois démarrer en 2005.

    Production agricole
    Selon le dernier recensement, près de 26 % des agriculteurs du Québec étaient âgés de 55 ans et plus. On estime que 12 255 agriculteurs pourraient prendre leur retraite d’ici 2010. Le milieu estime toutefois que la relève immédiate des fermes semble assurée, en autant qu’elle soit bien soutenue sur les plans financier et de la formation.

    Plusieurs formations du secteur ont peine à satisfaire aux besoins des employeurs. Ainsi, les 13 diplômés en mécanique agricole du Centre de formation professionnelle Mont-Joli-Mitis ne suffisent pas à la demande, qui équivaut au double des candidats disponibles. L’ITA de Saint-Hyacinthe déplore aussi le manque d’inscriptions en technologie des équipements agricoles qui compte une douzaine de diplômés par année, alors qu’on estime qu’il pourrait y en avoir 25 afin de combler les offres d’emploi. Par ailleurs, la formation en technologie des productions animales offerte dans les deux ITA (La Pocatière et Saint-Hyacinthe) affiche des taux de placement entre 95 et 100 %, et on affirme que plusieurs élèves sont assurés d’un emploi avant même d’avoir terminé leurs études.

    Du côté de la formation universitaire, les bacheliers en agronomie, en économie et gestion agroalimentaires et en génie agroenvironnemental bénéficient d’un très bon taux de placement vu leur rareté, selon le service de placement de l’Université Laval.

    Pêches
    Les crustacés représentent maintenant près de 90 % de la valeur des débarquements annuels du Québec. En 2003, ces débarquements valaient 168 millions de dollars, soit l’équivalent d’avant le moratoire sur la pêche au poisson de fond.

    Comme les produits pêchés et transformés au Québec sont exportés à 85 %, les usines de transformation sont assujetties aux exigences élevées des pays acheteurs. Certaines entreprises ont toutefois de la difficulté à obtenir leur permis d’exportation parce que leur contrôleur n’est pas suffisamment qualifié. Les usines de transformation du poisson déplorent aussi un manque de personnel capable de développer des produits de deuxième et de troisième transformation (plats cuisinés).

    Une nouvelle loi oblige désormais les pêcheurs et aides-pêcheurs à effectuer un DEP en pêche professionnelle, une formation qui les sensibilise au renouvellement de la ressource.

    Les diplômes les plus recherchés par les employeurs
    FORMATION PROFESSIONNELLE
    – Boucherie de détail
    – Boulangerie
    – Cuisine d’établissement
    – Pâtisserie
    – Pêche professionnelle
    – Production horticole
    – Production laitière
    – Production porcine
    – Vente des produits de la pêche

    FORMATION COLLEGIALE
    – Contrôle de qualité des produits de la pêche (AEC)
    – Gestion de commerces
    – Gestion de département de marché d’alimentation (AEC)
    – Gestion et exploitation d’entreprise agricole
    – Techniques de diététique
    – Technologie de la production horticole et de l’environnement
    – Technologie de la transformation des aliments
    – Technologie des équipements agricoles
    – Technologie des productions animales
    – Technologie du génie industriel
    – Transformation des produits de la mer

    FORMATION UNIVERSITAIRE
    – Agronomie
    – Economie et gestion agroalimentaires
    – Génie alimentaire
    – Médecine vétérinaire
    – Sciences et technologie des aliments

    Sources : Entrevues avec les représentants des comités sectoriels de main-d’oeuvre et Richard Martel de l’Université Laval.

    Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

    Jobboom
    http://www.jobboom.com



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