Payant, le blé d’automne?

« Cultiver du blé d’automne rendra votre maïs et votre soya plus performants. » -Eric Richter

Publié: il y a 2 heures

Eric Richter, représentant commercial Île-du-Prince-Édouard et Nouvelle-Écosse pour Syngenta Canada. Photo: Rendez-vous végétal

Après avoir longtemps travaillé en Ontario, Eric Richter est allé passer les dernières années de sa carrière auprès des producteurs de pommes de terre de l’Île-du-Prince-Édouard. À son arrivée, ceux-ci cultivaient déjà du blé d’automne, mais avec 20 à 30% de mortalité hivernale.

Représentant commercial pour Syngenta, Eric Richter a entrepris de répandre la bonne nouvelle auprès des agriculteurs de l’île : avec de la génétique récente et une gestion intensive, ils pourraient faire du blé d’automne une culture payante.

C’est cette histoire qu’il est venu raconter au Rendez-vous végétal le 17 février dernier, à Saint-Hyacinthe.

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« Il faut un minimum de dix ans pour maîtriser une culture, a-t-il déclaré. Vous aurez des saisons mouilleuses, d’autres plus sèches, d’autres plus chaudes. Cette période de dix ans vous donnera une bonne base. »

S’appuyant sur des données de rendement d’une quinzaine de producteurs en Ontario et de l’Île-du-Prince-Édouard, il a démontré que sur dix ans, le rendement de chacun avait augmenté d’en moyenne 0,85 Tm à l’acre (2,1 Tm-ha). Les plus grandes augmentations de rendement surviennent lorsque le producteur adopte une régie intensive, qui comprend un régulateur de croissance et au moins deux pulvérisations.

La clé : l’établissement

La qualité de l’établissement est le critère numéro un pour la survie à l’hiver et l’obtention d’un rendement maximal. Un taux de semis plus élevé que recommandé ne pose pas problème, affirme Eric Richter. À l’inverse, un taux de semis trop faible rendra difficile l’atteinte d’un minimum de 80 talles par pied carré.

À l’Île-du-Prince-Édouard, les agriculteurs semaient leur blé à un pouce de profondeur. « Ils voulaient voir leurs champs devenir verts avant l’automne, raconte l’expert. Ceci est la façon la plus rapide de perdre un champ par soulèvement par le gel. »

Pour les convaincre de semer plus profond, rien de mieux qu’une démonstration au champ avec trois profondeurs de semis : un pouce, deux pouces, trois pouces.

« Pendant plusieurs mois, le blé semé à un pouce et à deux pouces avait l’air d’aller beaucoup mieux que celui semé à trois pouces, se souvient-il. À la récolte, le blé semé à deux pouces l’a emporté et a donné 2,75 Tm/a. Celui semé à trois pousses a donné 2,7 Tm/a. »

Les producteurs de l’Île-du-Prince-Édouard n’ont plus jamais semé leur blé à un pouce de profondeur.

Performance globale

Le blé d’automne ajoute de la diversité dans une rotation, souligne Eric Richter. « Cultiver du blé d’automne rendra votre maïs et votre soya plus performants. Il aura un impact positif sur la santé du sol, il séquestrera du carbone et il couvrira le sol entre deux saisons. »

« Le blé d’automne réduit l’érosion du sol par l’eau et aussi par le vent. Il aide aussi à réduire la perte de nutriments solubles comme l’azote. »

Le gros boni du blé d’automne? Peu importe la météo du printemps, le producteur a déjà une importante partie de ses cultures qui profite déjà de chaque jour d’ensoleillement.  

Même sans vendre la paille, le blé d’automne générera des profits, assure Eric Richter. « Il vous aide à générer plus de revenu pour chaque dollar que vous dépensez dans l’exploitation d’une ferme. »

Pour lire un autre article tiré du dernier Rendez-vous végétal, cliquez ici:

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À PROPOS DE L'AUTEUR

André Dumont

André Dumont

Journaliste

André Dumont est vidéaste et journaliste spécialisé en agriculture et agroalimentaire. Il collabore au Bulletin des agriculteurs depuis 2007.