France, 26 septembre 2001 – Comment dire oui sans le dire complètement, tout en le disant ? c’est le difficile exercice auquel le Commissariat au Plan s’est livré sur les organismes génétiquement modifiés dans un rapport de 300 pages intitulé : « OGM et agriculture : options pour l’agriculture ».
Chargé il y a un an par le Premier ministre « d’apporter des éléments en vue d’un débat de fond sur les avantages et les risques liés à l’utilisation des plantes génétiquement modifiées », le Commissariat au Plan a, pour ce faire, réuni un aréopage composite défendant des points de vue diamétralement opposés pendant des semaines. Les débats éminemment politiques et passionnels n’ont, il est vrai, pas rendu la tâche facile à Bernard Chevassus-au-Louis, qui les dirigeait. La question est d’autant plus ardue, que les pressions des industriels auprès de Bruxelles pour lever le moratoire gelant les autorisations de cultures génétiquement modifiées sont fortes et que la Commission européenne aimerait trouver une ligne médiane entre une opinion publique hostile et les intérêts économiques menacés par la politique de prudence actuelle.
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L’évaluation du rapport entre les risques et les bénéfices, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, ne répond pas aux questions sur les effets à long terme. Il faut donc faire plus et mieux sur ce point, en créant un observatoire permanent des OGM. En clair, le Plan reconnaît qu’il n’y a pas d’innovation sans risque, qu’on ne peut pas renoncer à innover, mais qu’il faut surveiller les dérapages en marchant.
Six organisations, dont Greenpeace, la Confédération paysanne, la Fédération nationale d’agriculture biologique des régions de France et l’association CLCV (Consommation, logement et Cadre de vie) ont regretté que le rapport ne retranscrive qu’imparfaitement les positions et tranche en faveur des OGM, alors que la mission impartie au Plan était d’apporter des éléments d’éclairage à un débat sur les vices et les vertus des OGM.
Reste à savoir comment les Quinze arbitreront.
Source : Les Échos