Quelles sont les causes de ces pertes dans les colonies d’abeilles?
Jean-Pierre Chapleau, apiculteur
Les causes sont multiples et les maladies en sont une très importante. Depuis une quinzaine d’années, nous faisons face à une infestation de varroa. Je crois que la gestion de cet acarien parasite n’est pas parfaitement maîtrisée par les apiculteurs. La qualité du suivi des colonies et les interventions par les apiculteurs peuvent être plus ou moins appropriées et contribuer aux pertes.
Il y a aussi le problème des pesticides. Traditionnellement, nous connaissions des empoisonnements aigus par contact direct avec les produits ou avec des végétaux qui venaient d’être pulvérisés. Ce problème existe toujours, mais il est moins important parce qu’une partie des pesticides est appliquée en systémie (traitement de semence).
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À notre avis, l’utilisation des traitements de semence représente un changement majeur qui a été très rapidement adopté par la plupart des producteurs de soya et de maïs. Les insecticides de la famille des néonicotinoïdes ont un nouveau mode d’action : il est intégré aux fluides de la plante, puis se retrouve en faible dose dans les pollens et nectars.
Madeleine Chagnon, professeur à l’UQAM
L’autre circonstance est plus difficile à établir et elle n’est pas reconnue par l’industrie : le pesticide pourrait se retrouver dans pollen ou le nectar et provoquer une exposition chronique à des doses sublétales qui affaibliraient l’abeille sans nécessairement la tuer.
Quelles preuves détient-on à ce jour sur le lien entre l’utilisation de semences traitées et les mortalités d’abeilles?
Claude Boucher
Nous ne faisons pas d’analyse au niveau de la colonie, que ce soit dans le pollen, le nectar, le couvain ou la cire. Et au Québec, nous n’avons aucune expertise pour déceler des expositions chroniques à des doses qui n’entraînent pas la mort de l’abeille.
Lisez l’article au complet, y compris les pistes de solutions, dans votre Bulletin des agriculteurs d’octobre.