Baisse à court terme et hausse à moyen terme dans le porc

L’agroéconomiste Michel Morin du Centre de développement du porc du Québec (CDPQ) est mitigé concernant le dernier rapport Hogs & Pigs du Département américain de l’agriculture (USDA) publié le vendredi 26 juin en après-midi.

Ce rapport est publié à tous les trois mois et fait état des inventaires de porcs et du cheptel reproducteur, et donne des prévisions pour les mois à venir. Sa sortie est toujours très attendue par les analystes et l’industrie porcine. Le rapport a un impact sur les prix à la bourse pour les mois à venir.

Court terme

« Le rapport est difficile à décrire, explique Michel Morin. Il y a des éléments qui sont mieux que prévu par les analystes alors que d’autres vont dans l’autre sens. » À cela, il faut ajouter que les analystes sont sceptiques par rapport à certaines données fournies dans le rapport.

À court terme, le USDA évalue l’inventaire de porc de 0,9% plus élevé que l’estimation des analystes, peut-on lire dans le Daily Livestock Report du 29 juin.

« Les porcs lourds dépassent les attentes, fait remarquer Michel Morin. Oui, on s’attendait à une hausse, mais pas autant. Il y a donc beaucoup de porcs disponibles. » Le nombre de porcs de 180 livres et plus est plus élevé de 3,5% comparativement aux estimations des analystes. Même le nombre de porcs entre 120 et 179 livres sont plus élevés de 2,1% sur les estimations. « Le nombre de porcs abattus en juillet et août, ça fait peur », dit Michel Morin. Il continue toutefois en expliquant que certains analystes avaient prévu un nombre élevé : « C’est donc une surprise, mais pas trop. »

Tout cela a un impact négatif sur le prix du porc pour cet été. Lundi, le premier jour de bourse de Chicago après le rapport, les prix de juillet et août ont connu une forte correction à la baisse dès l’ouverture. « C’est plate parce que l’été les prix sont habituellement élévés… On aurait pu s’en passer », dit Michel Morin.

Plus long terme

De l’autre côté, le USDA évalue un cheptel reproducteur plus faible de 0,8% que celui estimé par les analystes. Les analystes s’attendaient à une hausse beaucoup plus importante que le 1,2% prévu par le USDA. À cela, il faut ajouter une baisse de mise-bas de 5,4% par rapport aux analystes pour septembre à novembre. Les analystes s’attendaient à une hausse de 1,1%, alors que la baisse est de 4,3% par rapport à l’année dernière.

Encore une fois, la bourse n’a pas été longue à réagir. Cette fois-ci, ce sont les prix de la fin de la fin de l’automne et de l’hiver qui ont le plus bougés. Les prix de décembre 2015 et de tout l’hiver 2016 ont connu une forte hausse dès lundi matin.

Futur

Le prochain Hogs & Pigs est prévu pour la fin septembre. D’ici là, certains éléments pourraient avoir un impact sur le prix du porc. C’est le cas notamment des nouvelles constructions qui devraient entrer en production très bientôt. « Le prix était très bon l’an dernier, explique Michel Morin. Le réflexe des producteurs dans ces cas-là est d’augmenter la production parce qu’ils ont les liquidités. »

L’autre élément qui a incité les producteurs à agrandir est la diarrhée épidémique porcine (DEP). « Les gens se sont dit que si on veut garder le volume de production dans l’avenir, il faut garder plus de truies », dit Michel Morin. Cet élément aurait un impact négatif sur le prix. Le retour des exportations de porc aurait de son côté un effet positif sur le prix.

 

USDA : 2015 comparé à 2014 Moyenne analystes Différence
Tous les porcs en inventaire 108,7% 107,8% 0,9%
Cheptel reproducteur 101,2% 102% -0,8%
180 livres et plus 113,4% 109,9% 3,5%
50 à 119 livres 108,7% 108,3% 0,4%
Mises bas juin à août 97,5% 99,8% -2,3%
Mises bas septembre à novembre 95,7% 101,1% -5,4%

Source : Daily Livestock Report, 29 juin 2015.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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