Bandes riveraines de saule

Des bandes riveraines plus efficaces, capables de générer des revenus pour les producteurs. Trop beau pour être vrai? De jeunes chercheurs de l’Institut de recherche en biologie végétale (IRVB), à Montréal, tenteront de faire la démonstration qu’avec des saules arbustifs à croissance rapide, on peut faire une pierre deux coups.

Lancé en 2010, le projet SABRE a entamé l’étude de deux bandes riveraines, l’une à Boisbriand, l’autre à Saint-Roch-de-l’Achigan. Dans les deux cas, les bandes de trois mètres alternent tous les 17 mètres entre entre trois rangées de saules, cinq rangées de saules et des sections laissées en friche.

« Selon nos hypothèses, les saules pourraient être plus efficaces que la végétation indigène (pour prévenir l’érosion et la pollution par les intrants agricoles) », affirme Louise Hénault-Ethier, candidate au doctorat en sciences environnementales à l’UQAM.

Les chercheurs et étudiants du projet SABRE estiment que les saules à croissance rapide ont plusieurs avantages : peu d’ombrage sur les cultures, faible entretien, rendement élevé en biomasse et haut potentiel de rétention des engrais et des pesticides.

« Le saule pousse rapidement, dit Louise Hénault-Ethier. Il a une forte densité racinaire et il pompe beaucoup d’eau. » Ces attributs en feraient la culture idéale à implanter pour à la fois prévenir l’érosion du sol et la diffusion d’intrants chimiques vers les cours d’eau.

Les politiques environnementales au Québec prescrivent des bandes riveraines de trois mètres, mais « il n’existe pas d’études sur ces trois mètres », déplore Louise Hénault-Ethier.

Les chercheurs ont donc installé divers instruments de mesure sur les sites à Boisbriand et à Saint-Roch-de-l’Achigan, afin de comparer scientifiquement l’efficacité des services environnementaux que procurent les saules avec celle que procure une bande riveraine en friche.

En 2012, les saules en seront à leur troisième année de croissance. Ils seront alors récoltés, afin de quantifier le volume de biomasse. On évaluera aussi les moyens techniques de récolte, ainsi que les débouchés économiques.

Préoccupations des producteurs
Le projet inclut aussi un volet socio-économique. « Nous voulons rencontrer des agriculteurs, pour comprendre leurs besoins, leurs opinions et quels freins ils voient dans l’utilisation de saules sur des bandes riveraines », dit Louise Hénault-Ethier. Bref, si ce type de bandes riveraines doit dépasser le stade de projet de recherche, comment les agriculteurs y verront-ils leur compte?

Les producteurs intéressés à partager leurs opinions et observations sont invités à communiquer avec Jean-François Racine, étudiant à la maîtrise en sciences de l’environnement, en lui écrivant à [email protected].

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