BASF Agro mise en examen

Toulouse (France), 19 février 2004 – La société BASF Agro, qui commercialise l’insecticide Régent TS soupçonné de décimer les abeilles, et son P-DG Emmanuel Bustrean ont été mis en examen par un juge d’instruction de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), a-t-on appris de source judiciaire.

Ces mises en examen ont été assorties d’une interdiction immédiate de commercialisation du Régent TS.

Le juge Jean Guary a mis en examen la société en tant que personne morale et son dirigeant pour « mise en vente de produits agricoles toxiques nuisibles à la santé de l’homme et de l’animal » et « complicité de destruction de bien d’autrui ».

Cette décision intervient dans le cadre d’une instruction judiciaire confiée au juge en mai 2002 sur d’éventuels trafics de produits toxiques provoquant la destruction massive d’abeilles sur le territoire français.

Deux insecticides, le Gaucho de Bayer et le Régent TS produit par BASF, seraient selon les plaignants à l’origine de cette hécatombe.

Au cours d’une conférence de presse jeudi au siège de BASF Agro, près de Paris, Emmanuel Bustrean a annoncé que sa société avait fait appel de la décision d’interdire la commercialisation du Régent, ce qui a pour conséquence d’éviter le rappel de tous les produits déjà sur le marché. Cet appel ne suspendrait toutefois pas l’interdiction des ventes à venir.

Basf Agro clame son innocence
« Nous réfutons absolument la mise en danger de l’homme et de l’animal par ce produit », a souligné Emmanuel Bustrean. « La mortalité des abeilles est probablement provoquée par d’autres phénomènes comme des maladies, des parasitages ou des modifications dans le choix des cultures. »

Joël Chéreau, président du syndicat des apiculteurs professionnels de la région Midi-Pyrénées, s’est félicité, lui, de la décision du juge.

« Les risques pour l’homme et l’animal avaient été signalés depuis longtemps par plusieurs collèges d’experts. Il faut seulement regretter que cette décision n’ait pas été prise beaucoup plus tôt directement par les pouvoirs publics français » a-t-il dit.

Depuis avril 2003, plus de 2.500 colonies d’abeilles auraient été décimées dans la seule région Midi-Pyrénées.

Dans un livre, « Quand les abeiles meurent », Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF), a dénoncé récemment cette surmortalité d’abeilles, l’imputant aux insecticides.

Il a été condamné par le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris à publier à ses frais la protestation de la société Bayer, en vertu du principe de la présomption d’innoncence.

Dans un communiqué, le groupe socialiste de l’Assemblée nationale « s’interroge sur l’inaction du ministre de l’Agriculture » et sur « l’absence de décision ferme sur ce dossier depuis deux ans alors que les présomptions n’ont cessé de croître après que Jean Glavany (ndlr-alors ministre socialiste de l’Agriculture) à l’époque a établi un moratoire partiel en la matière au nom du principe de précaution ». * La Confédération paysanne, pour sa part, se réjouit de l’interdiction de commercialiser le Régent TS et « demande à nouveau au ministère de l’Agriculture de prendre et d’appliquer, à son niveau, les mesures qui s’imposent: interdiction du Régent TS et de toutes les formulations à base de Fipronil », produit dont le syndicat agricole ne cesse de dénoncer, selon lui, la toxicité.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

BASF
http://www.basf.com/

Bayer
http://www.bayer.com/

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