Bilan des intoxications alimentaires et des zoonoses

Québec (Québec), 21 octobre 2003 – Le Centre québécois d’inspection des aliments et de santé animale du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) présente les points saillants du bilan des intoxications alimentaires et des maladies d’origine animale pour la période s’étendant du 1er avril 2002 au 31 mars 2003.

La moitié des intoxications alimentaires se produisent à domicile
Entre le 1er avril 2002 et le 31 mars 2003, le Ministère a reçu 1 197déclarations d’intoxications alimentaires, lesquelles ont affecté un total de4 033 personnes. Mentionnons que 50 % de ces intoxications sont survenues àdomicile et que, parmi elles, 78 % ont mis en cause des aliments quinécessitent des manipulations ou une préparation de la part des consommateurs.

L’origine des intoxications
Parmi l’ensemble des intoxications relevées, 73 % étaient d’originemicrobiologique, c’est-à-dire qu’elles ont été causées par des bactériesprésentes dans les aliments. Les bactéries qui ont été le plus souventsignalées sont la E.coli O157:H7, principale responsable de la maladie duhamburger, et les salmonelles, qui se retrouvent notamment dans la volaille.D’ailleurs, les catégories d’aliments le plus souvent en cause dans lesintoxications alimentaires sont les viandes et la volaille.

Outre les intoxications d’origine alimentaire, il faut également préciserque, comparativement aux années précédentes, 2002-2003 a connu uneaugmentation des signalements d’intoxications d’origine virale. Celle-ci estdue en bonne partie au virus de Norwalk qui a frappé de nombreuses personnesen 2002.

Les zoonoses ou maladies d’origine animale transmises aux humains
Entre le 1er avril 2002 et le 31 mars 2003, un total de 63 enquêtes, quiimpliquaient 70 personnes malades, ont été effectuées au Québec relativement àdes cas potentiels de zoonoses (maladies pouvant être transmises des animauxaux personnes). De plus, il y a eu 161 enquêtes en matière de santé animalevisant à prévenir l’apparition de zoonoses chez les humains.

Les principaux agents en cause
Les principaux agents impliqués dans les cas de zoonoses ont été lessalmonelles (69,8 % des cas). Dans 63,6 % de ces cas, les salmonellesprovenaient d’aquariums de poissons tropicaux, de reptiles ou d’amphibiens.Quant aux enquêtes portant sur la santé animale, qui visent à prévenir leszoonoses, les principaux agents concernés ont été les salmonelles (113enquêtes, soit 70,6 %) et la leptospirose canine (30 enquêtes, soit 18,6 %).Ces enquêtes ont porté principalement sur les bovins (51 enquêtes, soit31,7 %) et les porcins (45 enquêtes, soit 28 %).

La prévention d’abord
Comme l’indiquent les chiffres, une grande part des intoxicationsalimentaires pourraient être évitées. Pour ce faire, les consommateurs doiventadopter des pratiques de manipulation sécuritaire des aliments à domicile.

Viande crue, entreposage, décongélation, cuisson et conservation des aliments
La consommation de viande crue est à proscrire. Il faut également porterattention aux conditions d’entreposage des aliments périssables. Ceux-cidoivent être gardés au réfrigérateur à 4 degrés C (40 degrés F) ou congelés à-18 degrés C (0 degrés F) ou moins. La décongélation des aliments est toutaussi importante. Il ne faut jamais décongeler les aliments à cuire à latempérature ambiante, mais plutôt au réfrigérateur ou au four à micro-ondes,et les cuire dès qu’ils sont décongelés. Lors de la cuisson des aliments, ilest important de s’assurer que la température interne de cuisson recommandéeest atteinte afin de détruire les bactéries qui pourraient s’y retrouver. Deplus, les aliments chauds doivent être conservés à une température de60 degrés C (140 degrés F) ou plus et les aliments froids, à 4 degrés C(40 degrés F) ou moins. Une fois le repas terminé, il faut refroidir lesrestes le plus rapidement possible et jeter ceux qui ont séjourné plus de deuxheures à la température de la pièce.

Hygiène et contaminations croisées
On doit aussi acquérir de bonnes habitudes d’hygiène pour éviter lesintoxications alimentaires. Ainsi, il faut se laver les mains avec du savonavant de manipuler les aliments, mais aussi chaque fois qu’il y a un risque decontamination. Il faut également éviter les contaminations croisées enempêchant les aliments cuits ou prêts à manger d’entrer en contact avec desaliments périssables crus ou avec des surfaces et ustensiles qui ont servi àles manipuler. Enfin, on doit toujours bien nettoyer les ustensiles et lessurfaces de travail.

Pour se protéger des zoonoses
Les personnes qui entrent en contact avec des animaux ou lespropriétaires de ceux-ci peuvent adopter certains comportements qui leurpermettront de limiter les risques de contracter des maladies. Bien que chaquemaladie soit différente et requiert des recommandations particulières,certaines consignes de base sont d’utilité générale.

Ainsi, il faut se laver les mains régulièrement, surtout après un contactavec un animal. Il est recommandé, de plus, de porter des gants pour jardinerainsi que pour manipuler des animaux à l’occasion de parties de chasse(éviscération). En d’autres circonstances, il est préférable d’éviter des’approcher des animaux sauvages.

Une consigne s’adresse plus particulièrement aux propriétaires depoissons et de reptiles, qui doivent éviter de laver les accessoires desaquariums et des terrariums dans l’évier de la cuisine. Le bain et le lavabode la salle de bain sont à éviter également, mais si c’est impossible, il fautles désinfecter à fond avec une solution à base d’eau de Javel (15 ml dans 1litre d’eau tiède) avant de les réutiliser. De plus, il ne faut jamaissiphonner l’eau de l’aquarium avec la bouche et il faut toujours se laver lesmains minutieusement après avoir touché aux reptiles ou aux accessoires desaquariums et terrariums.

La consommation de lait cru ou d’eau non traitée est à proscrire, car cesliquides peuvent contenir des bactéries d’origine animale nuisibles à lasanté.

Enfin, les propriétaires d’animaux doivent toujours suivre lesrecommandations du vétérinaire en ce qui concerne la vaccination des animauxdomestiques.

Un mandat de protection de la santé publique
Le MAPAQ, par l’intermédiaire du Centre québécois d’inspection desaliments et de santé animale, mène quotidiennement des activités qui visent àprotéger la santé publique et à améliorer la santé animale.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires ou de la documentation,ou pour s’entretenir avec des spécialistes en sécurité alimentaire ou en santéanimale, le public est invité à communiquer avec le Centre québécoisd’inspection des aliments et de santé animale en composant le 1 800 463-5023ou en visitant le site Web du MAPAQ.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.agr.gouv.qc.ca/

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