Bovins de réforme : 47 000 têtes de bétail laissées de côté par l’aide fédérale

Longueuil (Québec), 21 novembre 2003 – « Le programme fédéral est loin de satisfaire les 16 000 producteurs de bovins de réforme du Québec. Il laisse de côté 47 000 têtes de bétail, autant d’animaux qui devront être vendus à perte. Les producteurs en ont aussi contre le niveau de compensation : ils réclament seulement leur dû, soit 300 $ par tête, bien qu’ils en perdent 500 chaque fois qu’ils vendent une bête à l’encan. »

C’est en ces termes que réagissaient M. Michel Dessureault, président de la Fédération des producteurs de bovins du Québec, M. Jean Grégoire, président de la Fédération des producteurs de lait du Québec et M. Laurent Pellerin, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), à l’annonce faite par le ministre d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, M. Lyle Vanclief, concernant le programme d’aide destiné aux producteurs de bovins de réforme.

S’en prenant encore une fois à la lenteur du gouvernement fédéral à réagir, les trois présidents rappellent que les producteurs sont en attente depuis le 31 août dernier. Et les voilà, après avoir patienté à l’extrême, qui se retrouvent avec une aide insuffisante, soit 24 millions plutôt que les 40 attendus.

Un autre irritant majeur aux yeux des producteurs est attribuable au taux de réforme. Pour eux, il importe que ce taux soit porté de 16 % à 25 % dans le cas des vaches laitières. Cette différence représente en effet 40 000 têtes de bétail qui ne sont pas visées par le programme. Rappelons qu’à tous les ans, les fermes laitières doivent remplacer le quart de leur cheptel. Il en va de même du taux de réforme pour les troupeaux de bovins de boucherie, qui devrait passer de 8 % à 11 %, autrement ce sont 7000 bêtes qui ne sont pas couvertes.

Devant la faiblesse de ces mesures, les producteurs agricoles vont donc revenir à la charge pour qu’Ottawa comprenne enfin la situation dramatique qu’ils vivent au quotidien depuis le 20 mai dernier. Ils comptent donc redoubler d’efforts pour que soit bonifié le programme fédéral.

« Il faudra également que Québec fasse sa part pour que cette mesure puisse répondre à la réalité des producteurs, qui traversent la pire crise de leur histoire », a insisté M. Dessureault. Il a tenu à rappeler que la ministre de l’Agriculture du Québec, Mme Françoise Gauthier, s’est engagée à maintes reprises à moduler les paramètres du programme fédéral, reconnaissant que celui-ci, a-t-elle déjà défendu, « n’était pas assez généreux pour le type de vaches de réforme élevées au Québec, en particulier les vaches laitières. »

Même le premier ministre du Québec, M. Jean Charest, avait clairement indiqué sa volonté d’agir en complément au fédéral dans ce dossier, déclarant : « Je veux assurer les producteurs agricoles du Québec que le gouvernement du Québec y sera également pour leur venir en aide et qu’on espère procéder le plus rapidement possible ». Le tout se déroulait le 29 octobre dernier, alors qu’il était questionné à l’Assemblée Nationale, au moment où 5 000 producteurs de bovins protestaient devant le Parlement.

« Le premier ministre et la ministre québécoise de l’Agriculture doivent maintenant respecter leurs engagements et livrer la marchandise », de conclure M. Dessureault.

Quant au président de l’UPA, il a promis que « les producteurs et les productrices agricoles de tout le Québec entendent se battre jusqu’au bout pour arracher des deux paliers de gouvernement un véritable programme d’aide pour le secteur des bovins de réforme ».

Les trois organisations agricoles demandent aussi à la Ministre Gauthier de décréter un prix plancher (prix de vente minimum) pour les vaches de réforme, de manière à s’assurer que les fonds publics aillent réellement dans les poches des producteurs plutôt que dans celles du seul abattoir québécois et des transformateurs.

« Il est plus que temps que les gouvernements agissent en ce sens pour mettre fin aux abus des abattoirs et transformateurs qui profitent indûment de la situation depuis le début de la crise, en offrant aux producteurs des prix dérisoires, largement inférieurs au marché », affirme M. Jean Grégoire, président de la Fédération des producteurs de lait du Québec.

Rappelons que la découverte d’un cas de vache folle en Alberta, le 20 mai dernier, a entraîné la fermeture immédiate des frontières à l’exportation et mené le secteur bovin dans une crise sans précédent. L’embargo demeure total pour les bovins âgés de plus de 30 mois (bovins de réforme). Le prix des vaches de réforme a chuté de plus de 70 %.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ)
http://www.bovin.qc.ca/

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Commentaires