Budget Séguin : les agriculteurs en attendaient plus

Longueuil (Québec), 30 mars 2004 – « Québec nous livre un budget sobre et sans surprise, plutôt mince pour répondre aux impératifs de la crise que traverse actuellement le secteur agricole ».

C’est en ces termes qu’a réagi M. Laurent Pellerin, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), au budget déposé cet après-midi par le ministre des Finances du Québec, M. Yves Séguin.

Le budget du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) passe de 636,3 millions de dollars l’an dernier à 646,8 millions cette année, une augmentation de 10 millions de dollars.

Sur le plan de l’environnement, les sommes allouées au Programme Prime Vert ne sont pas à la hauteur des engagements électoraux et bien en-deça des besoins des producteurs et productrices, toujours en attente d’un plan d’accompagnement qui viendrait faciliter la conformité aux exigences réglementaires qui se sont multipliées au cours des dernières années. Québec devra faire preuve de souplesse et de cohérence et démontrer son soutien au milieu agricole s’il souhaite atteindre les objectifs ambitieux qu’il s’est fixé en matière agroenvironnementale.

Par ailleurs, sur le plan de la fiscalité municipale, la hausse du programme de remboursement des taxes foncières se poursuit avec un budget de 84 millions de dollars par rapport aux 78 millions de l’an dernier. Rappelons que l’explosion de ce poste budgétaire, qui grève le budget du MAPAQ un peu plus chaque année, contrevient au développement de l’agriculture de façon structurante et durable. Une bonne note au tableau cependant : Enfin, le ministre annonce la mise en place d’une table de travail pour revoir la fiscalité des agriculteurs et des agricultrices. Souhaitons qu’on traitera en priorité la fiscalité municipale qui cause de sérieux problèmes aux producteurs agricoles et que des mesures seront mises en place pour le prochain budget provincial.

Autre bonne nouvelle : Québec est prêt à contribuer au financement de l’achat d’un abattoir de bovins, propriété de producteurs, une mesure directement en lien avec les démarches entreprises par la Fédération des producteurs de bovins du Québec afin d’obtenir un juste prix sur le marché, phénomène accentué par la crise de la vache folle.

Ombre au tableau, les producteurs forestiers sont par ailleurs inquiets de voir le fonds forestier alloué au ministère des Ressources naturelles passer de 129,7 millions de dollars à 100 millions, alors qu’il s’agit d’un secteur productif essentiel au développement économique de nos régions.

« Compte tenu du régime minceur imposé à la grande majorité des ministères, le Ministre s’acquitte de ses responsabilités de base en prévoyant une légère augmentation au budget de l’agriculture. L’effort est louable dans les circonstances, mais il ne règle pas tout. Québec devra être à l’écoute des besoins ponctuels, comme il l’a fait dans l’exercice précédent, alors que l’agriculture est encore en situation de crise. Il devra offrir le soutien nécessaire afin de donner aux producteurs les moyens d’aller chercher le maximum de revenus dans le marché et faire en sorte que l’argent du gouvernement fédéral soit également au rendez-vous », de conclure M. Pellerin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.agr.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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