Changements climatiques au Canada de 1990 à 2005

Ottawa (Ontario), 22 avril 2008 – Les émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada, qui sont d’importants facteurs des changements climatiques, ont augmenté de 25 % de 1990 à 2005. Cependant, sans les augmentations d’efficacité énergétique, la hausse des émissions aurait été encore plus considérable.

En 2005, les activités humaines ont contribué au rejet de 747 mégatonnes d’équivalents de dioxyde de carbone dans l’atmosphère au Canada. Il s’agissait d’environ 25 % de plus que les 596 mégatonnes d’émissions en 1990.

Une mégatonne est égale à 1 million de tonnes. Pour mettre ce chiffre en perspective, disons qu’une voiture de taille moyenne parcourant environ 5 000 kilomètres produit environ une tonne d’émissions.

Cependant, au cours de la même période de 15 ans, la quantité de GES émis par unité d’activité économique a fléchi de 18 %, alors que la population du pays a augmenté de 17 % et l’utilisation d’énergie, de 23 %.

Cette compilation des plus récentes statistiques sur les changements climatiques au Canada est publiée dans le numéro de 2007 et 2008 de L’activité humaine et l’environnement, un recueil d’information de Statistique Canada sur l’interaction des Canadiens avec leur environnement.

La production et l’utilisation d’énergie sont de loin le principal facteur
La production et la consommation d’énergie sont de loin la plus importante source d’émissions de GES au Canada, ayant représenté plus de 80 % des émissions en 2005.

On utilise une grande quantité de combustibles fossiles pour le transport des personnes et des marchandises. En effet, ces activités de transport ont représenté 27 % de l’ensemble des émissions en 2005.

Le Canada est une nation commerçante et l’énergie représente désormais le cinquième de l’ensemble de ses exportations de marchandises. En 1990 et en 2003, la production d’énergie pour l’exportation a été à l’origine de plus d’émissions de GES que la production de tout autre produit exporté. Ces émissions de GES sont passées de 17 % à 27 % de l’ensemble des émissions associées à la production pour l’exportation au cours de cette période.

En raison de la montée en flèche de la demande mondiale d’énergie depuis 1990, les émissions de GES attribuables à la production d’énergie exportée ont fait un bond de 146 %.

La croissance de l’investissement dans les sables bitumineux a été rapide. Il y a seulement une décennie, l’investissement de l’industrie était de moins du dixième de celui du secteur de la fabrication.

En 2008, les producteurs ont l’intention d’investir 19,7 milliards de dollars dans les sables bitumineux, dépassant les 19,6 milliards de dollars d’investissement prévus pour l’ensemble du secteur de la fabrication.

Le Canada est au nombre des plus importants émetteurs de GES par habitant
Le Canada compte environ 0,5 % de la population mondiale, mais produit environ 2 % du total des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

En 2005, le Canada a émis un peu plus de 23 tonnes de GES par habitant, soit 8 % de plus par habitant qu’en 1990. Au cours de la même période, l’économie canadienne s’est accrue de 30 %, en chiffres par habitant.

Les émissions de GES par habitant au Canada sont comparables à celles des États-Unis (24,4 tonnes). Elles sont toutefois nettement plus élevées que celles de l’Allemagne (12,1 tonnes), du Royaume-Uni (10,9 tonnes), du Japon (10,6 tonnes) et de la France (9,2 tonnes).

En tant que consommateurs, les Canadiens sont indirectement responsables des GES qu’émettent les entreprises produisant les biens et services qu’ils achètent. De 1990 à 2003, les émissions industrielles associées aux produits d’origine nationale achetés par les Canadiens ont augmenté de 15 %, soit un peu plus que la hausse de 14 % de la population pendant la même période. Par contre, les émissions industrielles imputables à la production de biens et de services destinés à l’exportation ont augmenté de 53 %.

Effets des changements climatiques : le Canada se réchauffe
Le Canada s’est réchauffé au cours des dernières décennies. La tendance de 1948 à 2007 révèle une hausse de 1,4 °C des températures annuelles au Canada. Les augmentations de température sont les plus fortes dans la région du Yukon et des montagnes du Nord de la Colombie-Britannique ainsi que dans le district du Mackenzie dans les Territoires du Nord-Ouest.

Les glaciers des montagnes Rocheuses se résorbent et s’amincissent, ce qui contribue à réduire le débit de certaines rivières pendant les mois critiques les plus secs de l’année. Des 853 glaciers recensés en 1975 dans les bassins des rivières Saskatchewan Nord et Sud, 328 ont complètement disparu.

De 1975 à 1998, la superficie glaciaire totale a diminué de 22 % dans le bassin de la rivière Saskatchewan Nord, et de 36 % dans le bassin de la rivière Saskatchewan Sud.

La propagation du dendroctone du pin ponderosa dans la région intérieure centrale de la Colombie-Britannique a coïncidé avec des températures hivernales extrêmes plus élevées. Ce changement de la distribution du dendroctone a eu une incidence importante sur l’industrie forestière.

En 2007, la superficie de la zone touchée par l’infestation était de près de 13 millions d’hectares. Cette année-là, on avait estimé que le volume sur pied de bois mort était d’environ 530 millions de mètres cubes, soit environ 40 % du volume marchand de pins et 12 % du bois d’oeuvre marchand total de la province.

En 2004, le secteur des entreprises a injecté 955 millions de dollars dans des procédés et des technologies de protection de l’environnement afin de réduire les émissions de GES. Les industries de l’extraction de pétrole et de gaz, des produits en bois et des usines de pâte et papier et de carton ont chacune dépensé plus de 140 millions de dollars afin de réduire leurs émissions de GES.

De 2002 à 2004, environ 26 % des industries canadiennes ont adopté de nouveaux systèmes ou du nouveau matériel permettant de réduire les émissions de GES.

Même si elle a sextuplé au cours des cinq dernières années, la production d’énergie renouvelable autre que l’énergie hydroélectrique constitue encore une part minime de l’approvisionnement global (0,3 % en 2005).

Autres points saillants pour l’environnement
En plus de l’article de fond sur les changements climatiques, L’activité humaine et l’environnement présente également un ensemble complet de données décrivant l’interaction des Canadiens avec l’environnement. Elle comprend des données sur des sujets comme le climat, les ressources naturelles, les écosystèmes et les pratiques environnementales.

La publication L’activité humaine et l’environnement : statistiques annuelles, 2007 et 2008 (16-201-XWF, gratuite), est maintenant accessible en ligne. Dans le module Publications de notre site Web, sous Publications Internet gratuites, choisissez Environnement. Une version imprimée de L’activité humaine et l’environnement : statistiques annuelles, 2007 et 2008 (16-201-XPF, 68 $), paraîtra bientôt. Pour obtenir plus de renseignements sur la façon de commander, communiquez avec le Centre de contact national de Statistique Canada en composant sans frais le 1-800-263-1136 ([email protected]).

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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