Chirac défenseur de la France rurale

Dordogne (France), 28 avril 2002 – Jacques Chirac a pris la défense de la politique agricole commune et des agriculteurs français, menacés selon lui par la volonté exprimée par Jean-Marie Le Pen de voir la France quitter l’Europe de Maastricht.

« Nous sommes dans une société qui a multiplié les tracasseries », a déploré le président candidat au cours d’un échange de deux heures avec des habitants de Nontron et de sa région, au cours duquel il a ressenti « une volonté de travailler et un certain découragement ».

A une semaine du second tour qui l’opposera au président du Front national, Jacques Chirac a poursuivi sa stratégie qui le conduit à multiplier les visites de terrain alors que Jean-Marie Le Pen a concentré sa campagne sur les médias.

La rareté des interventions radio-télévisées de M. Chirac vise en fait à priver M. Le Pen de la possibilité de multiplier les émissions, en raison de la stricte égalité entre les deux candidats imposée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel.

Après Dreux et Nontron, le président sortant devrait se rendre mardi à Toulouse et vendredi à Châlons-en-Champagne. Après Rennes et Lyon, la semaine dernière, il tiendra un grand meeting à Villepinte dans la région parisienne, jeudi, le jour de l’unique meeting d’entre-deux tours de Jean-Marie Le Pen à Marseille.

A Nontron, terre électorale d’un de ses conseillers à l’Elysée, Frédéric de Saint-Sernin, Jacques Chirac a mis l’accent sur les difficultés du monde rural, où le vote Le Pen, traditionnellement faible, a nettement progressé le 21 avril.

Aux paysans déboussolés par les crises à répétition, le président de la République, ancien ministre de l’Agriculture, a fait valoir que l’Europe assurait la défense du revenu agricole.

Si on supprimait la PAC, « le revenu des agriculteurs baisserait d’un seul coup de 40% », a-t-il fait valoir. « J’entends ici ou là certains dire qu’il faudrait supprimer la politique agricole commune, ça veut dire qu’il faudrait supprimer l’agriculture française », a-t-il ajouté. « Il faut tout de même avoir un peu conscience de ce que l’on dit ».

Pour défendre l’agriculture française, il y a « une action à mener sur le plan européen, et grâce à l’Europe sur le plan international » auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a-t-il soutenu. Il a également prôné des mesures nationales, notamment de nature fiscale, pour favoriser l’installation de jeunes agriculteurs. Déplorant qu’on ait « bureaucratisé l’agriculture », il a affirmé sa volonté de « donner plus de libertés aux exploitations agricoles » et de réduire la paperasserie.

Jacques Chirac a aussi voulu répondre à l’inquiétude exprimée par des maires de villages qui « ont peur d’être mangés » par l’intercommunalité. Pas question de supprimer ou de regrouper de manière autoritaire les communes car les élus ruraux constituent « une force vive », ils assurent « l’équilibre » et « la diversité » de la France. Mais, a-t-il ajouté, « n’ayez pas crainte de l’intercommunalité » car « l’union fait la force ».

Le président sortant s’est également prononcé pour « la mise en oeuvre systématique de dérogations aux règles de fermeture des classes » et à un moratoire sur la fermeture des services publics en zone rurale.

Enfin, face à Jean-Marie Le Pen, Jacques Chirac s’est posé en défenseur des valeurs de la République, liberté, égalité, fraternité, qui doivent « imprégner la pensée » des gouvernants et être « le moteur de l’action ».

Le député communiste sortant de la circonscription, René Dutin, assistait à cette rencontre organisée par Frédéric de Saint-Sernin, qu’il avait battu en 1997 et qui tentera de retrouver son siège en juin.

Source : AFP

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