Codex Alimentarius: Le Canada doit cesser de suivre les États-Unis

Montréal (Québec), 5 mai 2009 – En marge d’une rencontre internationale du Codex Alimentarius sur l’étiquetage des denrées alimentaires, cette semaine à Calgary, le Regroupement québécois contre les OGM (RQcOGM) et le Canadian Biotechnology Action Network (CBAN) dénoncent les manoeuvres dilatoires de la délégation américaine au sujet de l’étiquetage des aliments contenant des OGM et demande au gouvernement du Canada de cesser d’endosser aveuglément la position des Etats-Unis.

Sous l’égide des Nations Unies, le Codex Alimentarius est l’instanceinternationale de normalisation en alimentation, notamment pour les aspectsd’étiquetage. Depuis une quinzaine d’années, un groupe de travail du Codextente d’en arriver à une entente qui énoncerait des lignes directrices pourl’étiquetage des aliments issus du génie génétique. Systématiquement, unepoignée de pays où la production génétiquement modifiée est florissante, avecles Etats-Unis et le Canada en tête de liste, s’organisent pour faire piétinerles discussions.

Une coalition canadienne de groupes de consommateurs, de groupesenvironnementaux, d’agriculteurs et d’associations vouées à la santé publique(RQcOGM – CBAN) dénonce la demande américaine de suspendre les travaux duCodex sur l’étiquetage des OGM et presse la délégation canadienne de s’endissocier.

Alors que le Codex travaille depuis des années sur l’étiquetage desaliments issus du génie génétique, la délégation américaine avance qu’il n’y aaucune distinction à faire entre les aliments OGM et les aliments non-OGM. Enclair, les OGM n’existeraient pas! Il n’y a donc pas lieu de tracer des lignesdirectrices, prétendent les Américains.

Il ne s’agit même pas ici d’imposer l’étiquetage des OGM à l’échelleinternationale, mais seulement d’énoncer certains principes pour les pays quisouhaitent cet étiquetage. Or, les Etats-Unis et ses alliés, dont le Canada,s’opposent systématiquement à l’instauration de telles lignes directrices. Laraison? Elles permettraient aux Etats qui ont adopté l’étiquetage des OGMd’être à l’abri des contestations en vertu des accords internationaux decommerce.

L’enjeu est donc de laisser la pleine liberté aux pays qui le souhaitentd’imposer l’étiquetage des OGM. Le Canada doit souscrire entièrement à ceprincipe minimal et réaligner sa position sur celle que défend la vastemajorité des pays.

La coalition dénonce également le fait que les positions canadiennesdéfendues au Codex sont élaborées par l’industrie et le gouvernement fédéral,sans représentation des intérêts des consommateurs et sans tenir compte del’opinion publique canadienne qui, sondage après sondage, se range massivementderrière l’imposition obligatoire de l’étiquetage des OGM.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Réseau québécois contre les OGM (RQcOGM)
http://www.multimania.com/rqcogm/

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