Croiser des vaches laitières, c’est rentable!

Les croisements de races sont utilisés avantageusement en production porcine, bovine et ovine. Ne serait-il pas intéressant de profiter de cette technologie pour améliorer la rentabilité des entreprises laitières québécoises ?

Le docteur Brad Heins de l’Université du Minnesota a répondu à cette question lors des travaux de doctorat qu’il a réalisés pendant plusieurs années avec sept troupeaux laitiers californiens conventionnels et biologiques. Ceux-ci impliquaient un total d’environ 1500 vaches.

Les vaches Holstein pur sang de ces troupeaux étaient croisées avec de la semence de taureau de trois races différentes : Normande, originaire de Normandie, Montbéliarde, une race franco-suisse et deux races scandinaves composées des races Norvégienne rouge et Suédoise rouge. Ces races ont été choisies en raison de leur excellent potentiel de fertilité, de résistance aux maladies et pour leur longévité.

Le croisement entre races accroît la vigueur hybride de l’animal produit par cet accouplement, comparativement aux races pures utilisées dans le croisement. Ce qui signifie que la vache croisée sera plus résistante aux maladies, plus fertile et vivra en moyenne plus longtemps que les deux races pures utilisées dans le croisement.

Dans le tableau ci-dessous, les critères tramés en vert mesurent la résistance de l’animal aux maladies et autres stress. Ces critères technico-économiques ont tous été améliorés par l’utilisation des croisements. La fertilité, casse-tête journalier pour les éleveurs Holstein, est également améliorée avec un nombre de jours ouverts plus faible pour les vaches croisées que les vaches Holstein. La production (trame en bleu) a diminué pour les vaches croisées en raison de la productivité très élevée des Holstein pur sang par rapport aux autres races. Cependant, la production à vie est augmentée pour les croisées, par rapport aux Holstein, puisqu’elles ont une meilleure survie que les Holstein. Les vaches croisées produisent également plus de composantes que les Holstein, car les races utilisées en croisement produisent un lait plus riche en composantes que l’Holstein.

Selon le docteur Heins, l’éleveur qui souhaite emprunter cette voie doit respecter certains principes pour profiter au maximum de la vigueur hybride engendrée par les croisements. Premièrement, les croisements doivent être effectués avec les meilleurs taureaux des races sélectionnées. Afin d’optimiser la vigueur hybride, il recommande d’utiliser trois races différentes en alternance.

Pour mieux lire le tableau, cliquez dessus.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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