Santé financière préoccupante des entreprises laitières

Il est primordial de bien gérer ses liquidités

L’année 2020 sera marquée par un important ralentissement économique. Dans un tel contexte, il est très important de bien gérer ses liquidités. « Les liquidités sont la première ligne de défense pour n’importe quel secteur d’activité », dit l’économiste en chef de Financement agricole Canada, Jean-Philippe Gervais, dans sa présentation web du Rendez-vous laitier.

En raison de la pandémie de COVID-19, l’Association québécoise de nutrition animale et céréalière (AQINAC), a dû repenser son Rendez-vous laitier qui devait avoir lieu le 25 mars dernier à Drummondville. Plutôt que d’annuler l’événement qui était prêt, l’AQINAC a préféré enregistrer les conférences qui seront éventuellement toutes disponibles sur le site web de l’événement.

Dans une conférence de présentation des conférences, le président-directeur général de l’AQINAC, Sébastien Lacroix, se dit heureux du « support indéfectible » des commanditaires de l’événement, malgré les circonstances.

Croissance

Lors de l’enregistrement de la conférence, Jean-Philippe Gervais entrevoyait des perspectives de croissance du secteur laitier pour 2020, quoique limitées. C’était avant les récents ajustements de la production liés à la crise de la COVID-19.  L’année 2020 sera marquée par la mise en œuvre de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique, l’ACÉUM. Cet accord aura aussi un impact sur le secteur laitier qui est encore difficile à dire. « Ça pourrait déplacer une partie de la production », explique Jean-Philippe Gervais.

Pour s’assurer d’une bonne santé financière, l’économiste a fait le tour des différents aspects qui auront un impact.

Efficacité

L’économiste est préoccupé par la santé financière des entreprises laitières. En 2018 et 2019, il y a eu beaucoup d’investissement suite à l’accroissement de la demande en 2017. Le ratio des charges d’exploitation est plus élevé. Donc pour chaque dollar gagné, il reste moins d’argent pour payer l’investissement et le service de la dette.

Efficacité des entreprises

« Il y a une opportunité d’aller baisser le coût d’opération », dit-il. Pour cela, il ne recommande pas de grandes révolutions, mais plutôt d’y aller un sous à la fois, ce qui au final pourrait se répercuter en quelques milliers de dollars de différence sur le revenu net de l’entreprise. « Ou ça permettrait de supporter 1000$ de dette par kilogramme de quota additionnel », dit-il dans un exemple.

Il ajoute que même s’il y a des économies d’échelle en production laitière, certaines entreprises de petite taille sont plus efficaces que les entreprises de grande taille. « Peu importe la taille, il y a un travail à faire pour aller chercher certaines économies », dit-il.

Niveau d’endettement

Le niveau d’endettement des entreprises laitières est très variable, mais de façon générale, il a aussi grimpé dans les deux dernières années. Et de façon générale, les entreprises de plus grande taille ont un niveau d’endettement plus élevé parce qu’elles ont investi dans les dernières années.

Comparativement à l’Ontario, les entreprises laitières québécoises sont un peu plus endettées, mais le marché des terres est différent. De plus, il y avait un rattrapage à faire au Québec au niveau investissement.

Service de la dette

Les investissements des dernières années, la baisse du prix du lait et l’augmentation des taux d’intérêt en 2017 et 2018 ont fait mal au service de la dette. Par conséquent, le risque financier est plus grand. Les entreprises doivent donc être plus efficaces.

« Avec des marges plus serrées que par le passé, l’aspect gestion n’a jamais été aussi important, explique Jean-Philippe Gervais. Pour dégager la marge de manœuvre pour investir si l’entreprise le désir, si ça correspond aux objectifs de l’entreprise à long terme. »

PDG

Jean-Philippe Gervais recommande aux producteurs d’avoir une mentalité de président-directeur général (PDG). « L’idée n’est pas d’être bon partout, mais de s’entourer de personnes qui sont elles-mêmes expertes. » Le but est de faire fructifier l’entreprise.

Vous pouvez assister à la conférence en cliquant sur ce lien.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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