Doubler les rendements de blé

De 1970 à 2013, les rendements moyens de maïs-grain ont doublé au Québec. Pendant ce temps, les rendements de blé sont restés les mêmes, sous la barre des 3 tm/ha. Un rattrapage est-il possible, au point de doubler les rendements actuels de blé?

Les données présentées lors d’une journée blé organisée par Élévateur Rive-Sud la semaine dernière près de Saint-Hyacinthe étaient frappantes. En France, la moyenne des rendements de blé est passée de 3,5 tm/ha en 1970 à plus de 7 tm/ha en 2011. Au Québec, cela fait quarante ans qu’on peine à dépasser les 3 tm/ha. Pourtant, sur la même période, nos rendements de maïs-grain sont passés de 4,5 tm/ha à 9 tm/ha.

Le président d’Élévateur Rive-Sud, Yann Hébert, a évoqué plusieurs explications à ce retard : la structure de l’ASRA, un désintérêt des marchés, les escomptes de qualité, un développement génétique pauvre et l’utilisation du blé dans nos moins bons champs, souvent dans le seul but de pouvoir effectuer des travaux de nivelage.

« Nous devons rebâtir l’industrie du blé à l’aide de producteurs élites, qui agiront comme pionniers et bâtisseurs, afin de rattraper le retard pris au Québec », a lancé Yann Hébert.

De tels producteurs existent déjà au Québec. En Montérégie l’an dernier, on a enregistré des rendements dépassant les 7 tm/ha dans des parcelles, avec du blé d’automne. À l’échelle de la ferme, plusieurs producteurs enregistrent déjà des rendements supérieurs à 4 tm/ha.

Au Québec, la moyenne des rendements de blé des quatre dernières années s’établit à 2,97 tm/ha. En 2012, la récolte a été exceptionnellement bonne, avec une moyenne provinciale de 3,36 tm/ha.

D’après les intervenants réunis la semaine dernière, l’augmentation des rendements passe par une meilleure régie. Déjà, en semant du blé sur des terres nivelées, avec un bon égouttement de surface, on obtient de meilleurs résultats.

Les gains de rendement pourraient venir avec l’utilisation de cultures intercalaires. Parmi les avantages, cette verdure au sol formerait une barrière empêchant une partie du fusarium présent dans les résidus au sol d’atteindre les épis. On espère aussi voir apparaître sur le marché des semences de nouvelles variétés plus résistantes à la fusariose.

Le plus grand espoir repose cependant sur le semis d’automne, une pratique qui gagne en popularité, mais qui reste à maîtriser. Les rendements sont systématiquement plus élevés qu’avec un semis printanier.

« Le blé d’automne coûte moins cher à implanter, il nécessite moins d’herbicide et il donne plus de rendement, a fait valoir Rudy Laixhay, des Moulins de Soulanges. Je pense que l’avenir du blé au Québec passe par la maîtrise de la production de blé d’automne. Les producteurs vont pouvoir augmenter leurs rendements (au champ) et augmenter sensiblement leurs rendements financiers. »

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