Du maïs à Rimouski

PHOTO : Jérôme Caron, Société Majéco
PHOTO : Jérôme Caron, Société Majéco

Ce printemps, une douzaine de producteurs du Bas-Saint-Laurent ont implanté chez eux une parcelle de maïs semé sous paillis de plastique.

Cette technique novatrice, que Le Bulletin des agriculteurs faisait découvrir à ses lecteurs dans son numéro d’avril dernier, pourrait changer la donne pour les producteurs laitiers de l’est du Québec, pour qui la culture du maïs-ensilage comporte un risque en raison des faibles unités thermiques.

« À Kamouraska, on peut faire du maïs de façon stable année après année, mais à l’est du Bic, c’est plus problématique », explique Jérôme Caron, agronome à la Société Majéco. Le paillis de plastique pourrait devenir une « police d’assurance » pour les producteurs qui souhaitent obtenir un bon maïs-ensilage pour leur troupeau tous les ans, ajoute-t-il.

PHOTO : Jérôme Caron, Société Majéco
PHOTO : Jérôme Caron, Société Majéco

Le centre agricole de la Société Majéco s’est donc procuré un semoir Samco à deux rangs. Il s’agit d’un modèle pour parcelles d’essais. D’après Jérôme Caron, ce semoir est tout à fait représentatif des modèles à quatre rangs ou plus : les unités de semis sont les mêmes, tout comme les buses pour l’application d’herbicides résiduels et les accessoires pour dérouler le plastique et en enfouir les rebords.

Deux types de plastique sont à l’essai, sur 12 parcelles chez 12 producteurs, dans des conditions de sol différentes.

Les premières observations sont plutôt concluantes. « À certains endroits, il y a de quatre à cinq feuilles de différence avec nos témoins sans paillis de plastique, rapporte Jérôme Caron. Cela représente possiblement trois semaines d’avance! »

Par moment, la température du sol sous le paillis peut atteindre 12 degrés de plus que celle du sol juste à côté, sans paillis.

Les parcelles seront suivies de près pendant toute la saison, pour collecter un maximum de données. Elles serviront à évaluer la performance agronomique et économique de cette technique. Les essais se poursuivront sur au moins deux ans.

L’acquisition d’un semoir à quatre rangs ou plus n’a pas encore été envisagée. Un tel semoir pourrait être détenu par une CUMA, ou simplement partagé entre producteurs voisins, comme cela se fait dans le nord-est de l’Ontario depuis l’an dernier.

Semis de maïs sous plastique en vidéo

Photo du 20 juin. Le maïs sous plastique a été semé le 6 mai et celui en sol nu le 3 mai.
Photo du 20 juin. Le maïs sous plastique a été semé le 6 mai et celui en sol nu le 3 mai.

 

à propos de l'auteur

Articles récents de André Dumont

Commentaires