Du riz qui se cultive comme du blé

Kyoto (Japon), 21 mars 2003 – Depuis des années, les chercheurs croisent des plantes et multiplent les expérimentations pour trouver des graines capables de résister au manque d’eau : c’est le cas du riz aérobic inventé par un chercheur chinois présenté au Forum mondial de l’eau à Kyoto (Japon).

Le riz consomme 40% à 50% de l’eau utilisée en Asie, d’où l’intérêt du « riz aérobic » qui peut se passer des rizières pour se développer mais a besoin d’air (d’où son nom), a expliqué à l’AFP Bas Bouman, chercheur de l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) basé aux Philippines.

« Le riz consomme trois fois plus d’eau que les autres cultures telles le blé ou le maïs: pour produire une tonne de riz, il faut l’équivalent de deux piscines olympiques », a-t-il souligné, en rappelant que les pousses de riz restent imbibées d’environ 50 à 60 centimètres d’eau pendant 3 à 6 mois.

Cela fait plus de 20 ans que des chercheurs du monde entier font des expérimentations pour produire des plantes résistant au manque d’eau.

« La grande percée pour le riz eu lieu il y a cinq ans avec le riz aérobic par Wang Huaqi un chercheur de l’Université agricole de Chine », a indiqué M. Bouman.

L’IRRI sponsorise le projet depuis deux ans et des tests sont en cours sur 190.000 hectares, soit un million d’agriculteurs du nord-est de la Chine (provinces de Henan, Hubei, Anhui, Shandong, Shangxi) et sur 120.000 hectares au Brésil dans la région du Mato Grosso. Des expériences ont aussi commencé dans le centre de la province de Luzon (Philippines) et dans l’Utar Pradesh (Inde).

M. Huaqi a mis 20 ans pour parvenir au riz aérobic, au bout de multiples croisements entre espèces différentes. Les tests montrent, selon M. Bouman, qu’il consomme moitié moins d’eau que le riz normal avec un rendement inférieur de 30% à la norme.

L’IRRI travaille aussi au développement de graines pouvant supporter une certaine salinité de l’eau (le problème de la contamination des nappes phréatiques par les nitrates issus des fertilisants ou les eaux de mer concerne 1,5 million d’hectares dans le monde) et celles poussant même avec de l’eau recyclée.

Source : AFP

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