Du soya pour soulager les troubles rénaux

Ottawa (Ontario), 12 mai 2003 – Des percées récentes réalisées par des chercheurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et de l’Université de Guelph pourraient susciter de l’espoir dans la lutte contre les maladies rénales.

Une équipe de scientifiques d’AAC a été la première à purifier un composé du soya, lequel a été étudié par des collègues de l’Université de Guelph. Ces derniers ont constaté que cette substance pouvait atténuer les effets de la polykystose rénale (PKR) chez les souris.

« Cette double première nourrit l’espoir qu’il sera possible d’offrir d’éventuels traitements aux milliers de Canadiens qui souffrent de PKR, a souligné le chercheur principal au titre de ce projet, Dr Bill Collins. AAC a mis au point et fait breveter un procédé pour obtenir de la soyasaponine relativement pure qui permettrait de traiter ou de prévenir la PKR chez les humains », explique le chercheur.

La PKR se caractérise par la croissance de kystes remplis de liquides dans les reins. Ces kystes occupent lentement une grande partie des reins, réduisant ainsi la fonction de ces organes et provoquant éventuellement une insuffisance rénale.

« La technologie que nous avons mise au point est une source d’espoir pour les malades, a affirmé le Dr Collins. Il n’existe pas encore de traitement ni de cure, mais nous sommes les premiers à avoir élaboré un procédé de fabrication de soyasaponines pures à 99,5 pour cent. »

Les scientifiques ont constaté une amélioration de l’état de santé des souris nourries avec une protéine de soya isolée par les chercheurs d’AAC. Ils attribuent ces bienfaits à des saponines du soya, appelées aussi soyasaponines.

Ces composés ont été extraits de « mélasses » de soya commerciales au moyen d’une technologie mise au point au Centre de recherches de l’Est sur les céréales et les oléagineux (CRECO) à Ottawa. Les collaborateurs de l’Université de Guelph ont quant à eux évalué le potentiel thérapeutique du mélange. Cette percée a accéléré le recours à la technologie d’AAC pour l’isolement et l’identification des principaux composés du soya. Un de ces composés a été produit en quantité suffisante pour la tenue des essais sur les souris à l’Université de Guelph.

Les précisions sur cette étude ont été diffusées dans l’édition du mois d’avril 2003 de la publication Kidney International de l’International Society of Nephrology. Dr Bill Collins, Dr Bruce Holub, Mme Diana Philbrick et Mme Dominique Bureau, tous de l’Université de Guelph, ont été des co-chercheurs sur cette étude.

« La soyasaponine est insipide pour les humains et ne semble pas causer d’effets secondaires chez la souris, a précisé le professeur de nutrition au Département de biologie humaine et de science de la nutrition de l’Université de Guelph, Dr Bruce Holub. La tâche des chercheurs en médecine consiste à entreprendre des essais cliniques pour les malades atteints de la PKR et à déterminer les bienfaits et l’efficacité du composé dans le corps humain. »

AAC et l’Université de Guelph sont tous deux titulaires du brevet visant l’utilisation de la soyasaponine pour le traitement de la PKR.

Les scientifiques devront toutefois poursuivre leurs travaux avant de pouvoir commercialiser le produit et de confier à une entreprise la tâche de le produire et de le commercialiser.

Le directeur d’AAC des Produits et procédés d’origine biologiques, Dr Gilles Saindon, ne peut cacher son enthousiasme « face aux retombées potentielles pour la bioéconomie : une nouvelle gamme de soyasaponines pour les producteurs canadiens, les aliments fonctionnels et nutraceutiques pour les transformateurs et les avantages sur le plan de la santé et de la nutrition pour l’ensemble de la population du pays. »

Le volet Science et innovation du Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA) à l’échelle nationale met l’accent sur la concertation entre les gouvernements, les universités et le secteur privé afin d’optimiser les ressources scientifiques au Canada. Les efforts concertés déployés pour démontrer l’efficacité de la soyasaponine contre la progression de la PKR chez les souris offrent un exemple de science innovatrice préconisée dans le CSA pour la création de produits non alimentaires utiles dans des domaines comme la médecine, la santé et la nutrition.

Ces travaux ont été subventionnés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, la Polycystic Kidney Research Foundation, l’Ontario Soybean Growers, le Programme de partage des frais pour l’investissement d’AAC et le Hannam Soybean Utilization Fund de l’Université de Guelph.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Université de Guelph
http://www.uoguelph.ca/

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