DuPont veut accroître ses intérêts agricoles et agroalimentaires

21 mars 2001 – L’américain DuPont (Paris: 12741.PA – actualité) de Nemours, chimiste, pharmacien, agro-chimiste et fournisseur de l’industrie agro-alimentaire, qui se baptise désormais « société de sciences », veut mettre à profit son deux-centième anniversaire (2002) pour développer certaines de ses activités. Parmi celles-ci la protection des cultures et les ingrédients alimentaires. Les derniers rapprochements et fusions-acquisitions ont creusé l’écart entre les leaders et duPont, qui entend combler son retard. Face à Syngenta, premier mondial de la protection des plantes, né de la fusion du suisse Novartis et de l’anglo-suédois, AstraZeneca, duPont estime devoir gagner du poids et se dit « à la fenêtre du marché des acquisitions en quête de partenariats, acquisitions ou prises de participations ». Mais ne voit pas l’intérêt d’acheter par appartement, Aventis (Paris: 13046.PA – actualité) CropScience.

Le groupe dirigé par Chad Holliday s’est laissé distancer et affiche un chiffre d’affaires (2,5 milliards de dollars) plus de deux fois inférieur à celui de Syngenta (6 milliards), alors qu’il était leader du marché mondial de la protection des plantes il y a dix ans. DuPont a pourtant déjà réalisé des investissements extrêmement conséquents dans le secteur au cours des cinq dernières années, dont l’acquisition en 1997 du numéro un mondial des semences, Pioneer Hi-Bred pour 9,4 milliards de dollars. Malgré les revers qu’a connus Aventis avec son maïs génétiquement modifié aux Etats-Unis, Bill Kirk, vice-président en charge de l’agriculture croit dans un avenir plus serein pour les organismes génétiquement modifiés (OGM). Les surfaces ensemencées en maïs modifié vont encore s’accroître de 5 à 10 % en 2001. La moitié du soja et 25% du maïs produits aux Etats-Unis sont génétiquement modifiés. En Europe, “l’horizon s’est éclairci”, estime-t-il, avec l’adoption d’une réglementation sur les OGM.

DuPont souhaite d’autre part développer ses activités de fournisseur d’ingrédients de l’industrie agro-alimentaire. PTI, sa filiale spécialiste de la transformation des protéines de soja, acquise début 1998 pour un montant de 1,3 milliards de dollars, est « trop centré sur le soja », estime Hervé de Trogoff, patron de l’agrochimie du groupe en Europe. « Il faut l’étendre à d’autres ingrédients, quels qu’ils soient du moment qu’on puisse ainsi valoriser notre technologie. Nous voulons être un acteur mondial de la chaîne agro-alimentaire au travers de partenariats avec des groupes comme Unilever, Danone (Paris: 12064.PA – actualité) , Nestlé etc ».

Dans cet objectif, duPont démarre une nouvelle opération aux Etats-Unis en partenariat avec la première chaîne de distribution de la viande, Safeway et des parcs d’élevage. L’idée dans ce cas précis est de segmenter le marché de la viande et d’offrir un produit plus diététique, en modifiant l’alimentation animale, l’intensité du stress des animaux à l’abattage et en améliorant la sécurité bactériologique de la viande. Une façon pour DuPont de rentabiliser sa filiale Qualicon, et son système de contrôle bactériologique basé sur l’analyse de l’ADN et ses activités liées à l’alimentation animale.

DuPont, dont les résultats ont été pénalisés par le coût des matières premières et le ralentissement de l’économie américaine, a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 5,2% à 28,3 milliards de dollars et un bénéfice net hors exceptionnels de 2,78 milliards de dollars en hausse de 1%.

Source : Les Échos

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