Engouement sans précédent pour le blé

Pas moins de 200 personnes ont participé lundi à une journée blé dans une cabane à sucre de Sainte-Rosalie, près de Saint-Hyacinthe. Les organisateurs croyaient au départ n’attirer qu’une cinquantaine de producteurs.

« Ça démontre qu’il y a un renouveau d’intérêt pour le blé », a confié l’hôte de la journée, Yann Hébert, président d’Élévateur Rive-Sud.

En 2013, la culture de blé au Québec redémarre en grande. L’agence de vente pour le blé de consommation humaine n’est plus, la récolte 2012 a été bonne et des transformateurs comme les Moulins de Soulanges souhaitent moudre beaucoup plus de blé québécois.

« Notre centre de grain a des silos d’une capacité totale de 20 000 tonnes. L’an passé, nous avions stocké 5 000 tonnes de blé. Cette année, ils seront remplis à 100 % avec du blé québécois », a indiqué Yann Hébert en entrevue au Bulletin.com.

D’après ce dernier, les producteurs sont de plus en plus conscients des avantages d’aller au-delà d’une rotation maïs-soya. « Ils voient les rendements de soya stagner et ils veulent maintenant réapprendre la culture du blé, pour qu’elle soit rentable. » Cela passe par de nouvelles techniques, ajoute-t-il, pour que le blé ne soit plus qu’une culture qui serve dans les champs en attente d’être nivelés ou drainés.

Encore plus de farine québécoise

L’augmentation des volumes attendus est tout aussi fulgurante chez les Moulins de Soulanges. À ce jour, des contrats pour plus de 12 000 hectares de blé ont été signés avec des producteurs québécois pour 2013. L’an dernier, c’était 8 000 hectares.

« C’est une augmentation de 50 % des superficies! », se réjouit Rudi Laixhay, directeur commercial. Entre 2011 et 2012, les ventes de farines québécoises issues de « l’agriculture raisonnée » ont augmenté de 32 %. Voilà qu’un client important, la Boulangerie St-Méthode, voudrait passer de 3000 tonnes l’an dernier à 13 000 tonnes en 2015.

D’après Rudi Laixhay, les producteurs sont rassurés de savoir que les Moulins de Soulanges ont toujours payé rapidement. Avec des équipements comme la table à gravité d’Élévateur Rive-Sud, à Contrecoeur, les producteurs savent aussi que tout est mis en place pour éviter que leur grain ne soit déclassé à la réception.

« Les producteurs de grandes cultures sont des gens en affaires et voient en nous le côté durable, enchaîne Rudi Laixhay. Il y en a même qui souhaiteraient des contrats pour cinq ans! »

Le blé destiné aux Moulins de Soulanges est produit sous contrat, à un prix préétabli, en fonction des coûts de production plutôt que du cours des marchés de commodités.

Le producteur Raymond Durivage, de Saint-Édouard, en Montérégie, a présenté lundi son calcul de rentabilité de son blé d’automne en tenant compte des effets bénéfiques de cette culture dans sa rotation. Il estime qu’une année en blé lui procure un gain de 375 $ par hectare en rendements supplémentaires de maïs l’année suivante, suivi d’un gain de 145 $ en rendements supplémentaires de soya. Ses champs en blé sont donc aussi payants que des champs de maïs qui donneraient 10,4 tm/ha, ou des champs de soya qui donneraient 4,1 tm/ha.

à propos de l'auteur

Articles récents de André Dumont

Commentaires