Estimations du bétail au 1er juillet 2004

Ottawa (Ontario), 19 août 2004 – Le cheptel de bovins du Canada a fait un bond de 6,5 % pour atteindre le sommet de 16,8 millions de têtes au 1er juillet 2004, un peu plus d’un an après l’interdiction d’exportation de bovins et de boeuf canadiens imposée à la suite de la découverte d’un cas de maladie de la vache folle.

Selon l’Enquête sur le bétail de juillet, qui a été menée auprès de 18 000 agriculteurs, les producteurs de boeuf et de produits laitiers avaient 1 million de têtes de bovins de plus dans leurs fermes comparativement au 1er juillet 2003. La hausse de 6,5 % est principalement attribuable à l’effondrement des marchés d’exportations de bovins sur pattes.

Cette enquête a également révélé une augmentation de 1,4 % des stocks de porcs, qui se sont fixés à 14,8 millions de têtes.

Stocks de bétail

1er juillet

 BovinsPorcsMoutons
 200320042003200420032004
 en milliers de têtes
Canada15 73816 76014 63114 8381 2491 238
Atlantique 293 297 366 358 49 48
Québec1 4201 5154 3504 350 292 280
Ontario2 2302 3083 6203 690 353 340
Manitoba1 5901 7502 8502 890 82 82
Saskatchewan3 2203 5401 2501 350 145 160
Alberta6 1006 4002 0302 030 255 248
Colombie-Britannique 885 950 165 170 73 80
Nota : Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux.

Les résultats de l’enquête reflètent l’incidence d’une interdiction d’exportation de boeuf canadien à la suite de la découverte d’un seul cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), ou maladie de la vache folle, le 20 mai 2003. La frontière est demeurée fermée à toutes les exportations de boeuf canadien jusqu’en septembre 2003.

Les États-Unis, de même que plusieurs autres pays, ont alors accepté d’autoriser l’importation de boeuf canadien désossé extrait d’animaux de moins de 30 mois, selon un processus d’attribution de permis. Par la suite, le 23 décembre 2003, des tests effectués sur une vache laitière de l’État de Washington ont révélé la présence d’ESB. Cette vache laitière provenait du Nord de l’Alberta.

La taille des cheptels a augmenté dans toutes les provinces, tandis que les exportations se sont pratiquement effondrées à la suite de la mise en place de l’interdiction d’exportation. Le cheptel du Manitoba a grimpé de 10,0 %, soit la plus forte hausse, tandis que celui de la Saskatchewan a crû de 9,9 % et celui de l’Alberta a connu une augmentation plus modeste de 4,9 %.

Les agriculteurs ont déclaré une augmentation du cheptel de bovins dans tous les types d’exploitations. Les exploitations vache-veau ont déclaré 9,7 millions d’animaux, en hausse de 2,7 %, tandis que le nombre de bovins dans les exploitations de semi-finition a grimpé de 24 % pour s’établir à 3,2 millions. Entre-temps, le nombre de bovins dans les parcs d’engraissement a augmenté de 5,3 % pour atteindre 1,5 million.

Les agriculteurs de l’Ouest du Canada détiennent trois quarts du cheptel national. L’Alberta à elle seule en avait 38,2 %, soit 6,4 millions d’animaux, au 1er juillet 2004.

Les exportations chutent en raison de la fermeture de la frontière
Depuis la fin des années 1980, l’industrie bovine du Canada a pris de l’expansion au point qu’elle rapportait quelque 7,7 milliards de dollars aux agriculteurs en 2002. Cette expansion a coïncidé avec le libre-échange et s’explique principalement par des exportations aux États-Unis. La consommation intérieure est demeurée stable ou a diminué jusqu’en 2003 lorsque la consommation de boeuf a augmenté de 5 % par rapport à 2002, pour s’établir à 14,2 kilogrammes par personne.

Les exportations de bétail et de viande de boeuf du Canada à l’ensemble des pays se sont pratiquement effondrées après l’imposition de l’interdiction en mai 2003. La vaste majorité est destinée aux États-Unis.

En 2002, le Canada a exporté 1,7 million de têtes de bovins ayant rapporté 1,8 milliard de dollars. En raison de la fermeture de la frontière en mai 2003, les exportations de bovins ont chuté pour atteindre 505 689 têtes, évaluées à 591 millions de dollars, soit 30 % du niveau de l’année précédente. Les exportations d’animaux sur pattes en 2004 sont pratiquement inexistantes à ce jour, la fermeture de la frontière étant toujours maintenue.

Les exportations de boeuf ont également fortement baissé par rapport aux 2,1 milliards de dollars signalés en 2002. Environ 84 % des exportations de boeuf du Canada sont destinées à la table des Américains.

Bien qu’il y ait eu une certaine variation mensuelle, les exportations de boeuf du Canada ont chuté pour se situer à 789 tonnes en juin 2003, demeurant extrêmement faibles jusqu’en septembre. Les États-Unis ont alors commencé à accepter l’importation de certains produits du boeuf et les exportations ont grimpé au cours de l’automne, atteignant presque les niveaux précédant l’ESB (environ 40 000 tonnes par mois). En janvier, les exportations mensuelles ont fléchi avant d’augmenter pour atteindre des niveaux proches de ceux d’avant l’ESB.

En 2003, la valeur des exportations de boeuf a chuté de 33,0 % par rapport à 2002. Pendant les quatre premiers mois de 2004, les exportations de boeuf ont diminué de 11,3 % comparativement à la valeur de 2003, avant la découverte de l’animal infecté par l’ESB.

En 2002, la valeur des exportations totales de bovins et de boeuf a atteint 3,9 milliards de dollars, soit l’équivalent de 11 millions de dollars de ventes par jour. De juin 2003 à mai 2004 et après la fermeture de la frontière, la valeur totale des exportations de bovins et de boeuf était évaluée à 1,4 milliard de dollars, en baisse de 65 % par rapport à la période de référence de 2002.

Entre-temps, l’abattage domestique a augmenté de 17,4 % au cours des six premiers mois de 2004, soit un sommet de 2,1 millions de bovins abattus, tandis que les importations de boeuf ont chuté pour se situer à moins du tiers des niveaux précédant l’ESB. De plus, la demande intérieure de boeuf est demeurée forte.

Chute des prix et des recettes monétaires
Les prix de tous les bovins (animaux d’abattage, animaux d’engraissement et veaux) ont chuté en raison du surplus intérieur attribuable à la chute des exportations.

Les prix des bovins d’abattage ont été les plus durement touchés. Par exemple, en juillet 2003, le prix des bovins d’abattage en Alberta représentait environ 35 % du prix avant la fermeture de la frontière. Depuis cette période, les prix ont remonté avec peine et en mars, ils représentaient 76 % des prix du printemps 2003. L’effondrement a été observé dans tout le pays.

Les prix des bovins d’engraissement ont également été durement touchés. Bien que les conséquences aient été moins graves, les prix ont été instables. En Alberta, les prix des bovins d’engraissement ont diminué d’environ 40 % et étaient toujours en baisse de 15 % en avril 2004.

Les recettes monétaires des agriculteurs pour les bovins et les veaux ont diminué de moitié au cours des troisième et quatrième trimestres de 2003, chutant pour s’établir à 2,0 milliards de dollars, comparativement à 3,9 milliards de dollars pour la même période en 2002.

Les programmes de paiements gouvernementaux ont aidé les agriculteurs à absorber le choc. Le principal programme, le Programme de recouvrement encéphalopathie spongiforme des bovins, a versé environ 443 millions de dollars aux producteurs entre juillet et décembre 2003.

Entre-temps, les agriculteurs américains ont bénéficié de prix records. Le déclin du cheptel aux États-Unis, combiné à la fermeture de la frontière, a resserré l’approvisionnement de viande de boeuf aux États-Unis alors que la demande était forte.

Forte augmentation des exportations de porcs
Les producteurs de porcs canadiens ont augmenté leurs stocks au deuxième trimestre de 2004, à la suite d’une forte augmentation des exportations. Les stocks ont augmenté pour atteindre 14,8 millions de porcs en date du 1er juillet 2004, en hausse de 1,9 % par rapport au 1er avril et de 1,4 % par rapport à la même période l’an dernier.

Au cours de l’année suivant la fermeture de la frontière (de juin 2003 à mai 2004), les exportations ont augmenté de 42,8 %. Près de 2,5 millions d’animaux de plus ont été expédiés par rapport à la même période l’année précédente.

Les prix des porcs avaient été faibles pendant la majeure partie de 2002 et de 2003, mais ils ont chuté considérablement lors du deuxième semestre de 2003, à la suite d’une brève progression l’été dernier. De juin à décembre 2003, les prix ont chuté de plus de 25 %. Depuis cette période, les prix de 2004 ont rebondi.

Le 5 mars 2004, à la suite de l’augmentation des exportations, le National Pork Producers Council des États-Unis a demandé l’imposition de droits compensateurs et antidumping sur le porc canadien. Les demandes ont été présentées à la fois au département du Commerce des États-Unis et à la Commission du commerce international. Ces mesures ont ajouté un élément d’incertitude au marché.

Les rapports Statistiques de bovins, vol. 3, no 2 (23-012-XIF, gratuit), Statistiques de porcs, vol. 3, no 3 (23-010-XIF, gratuit) et Statistiques de moutons, vol. 3, no 2 (23-011-XIF, gratuit), sont maintenant accessibles en ligne. À la page Nos produits et services, sous Parcourir les publications Internet, choisissez Gratuites, puis Agriculture.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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