Exporter du foin au Moyen-Orient?

Le Moyen-Orient a resserré sa réglementation concernant l’utilisation de l’eau, et ce, bien que la région connaisse une croissance de ses secteurs de l’élevage du bétail. Cette situation entraîne une hausse de la demande pour des fourrages étrangers.

Lors de la conférence de l’Association canadienne pour les plantes fourragères (ACPF), qui a eu lieu à l’automne, plusieurs conférenciers expérimentés en matière de mise en marché des fourrages au Moyen-Orient se sont exprimés sur le sujet. Aucun n’a hésité à vanter les possibilités offertes dans la région, mais avant d’obtenir des résultats, un engagement à long terme et un travail de longue haleine sont à prévoir.

Une interdiction totale de prélever de l’eau pour produire du fourrage destiné à l’alimentation des animaux a été imposée aux Émirats arabes unis (ÉAU) en 2012. Les grandes exploitations laitières continuent de nourrir le bétail avec des fourrages importés, généralement des États-Unis et de l’Espagne. L’Italie et l’Afrique du Sud voient croître le nombre de leurs exportateurs vers ces régions. Quelques producteurs canadiens de foin pourraient atteindre ces marchés après une consolidation aux États-Unis. Les plus gros importateurs de foin possèdent des fermes aux États-Unis et en Égypte et ils en achètent en grandes quantités.

Les fermes laitières aux ÉAU ont des exigences particulières. Le foin expédié en conteneur doit présenter une valeur nutritive relative élevée, un taux de protéines de 22 % et une teneur en eau de moins de 12 %. De plus, ils préfèrent recevoir un foin séché à la ferme plutôt qu’un produit déshydraté à la chaleur. Par ailleurs, des préférences vont au foin comprimé une fois plutôt qu’au foin doublement comprimé.

Le marché n’est pas composé uniquement d’exploitations laitières. Les autres bovins, les chèvres et les moutons forment 80 % du marché des fourrages. Les ÉAU comptent sur 21 centres de distribution permettant aux petits producteurs de s’approvisionner en foin. Les exigences en matière de qualité sont moindres pour ce marché. Les courses de chevaux sont aussi populaires aux ÉAU. La famille royale utilise sa propre usine d’aliments pour ses différentes écuries. Les teneurs en protéines doivent atteindre 8 % à 10 % et conformément à la plupart des marchés pour le foin ailleurs dans le monde, il est important que le produit soit de couleur verte.

Selon Nicole Rogers qui a travaillé pour le gouvernement canadien à Dubaï, ce marché offre des occasions uniques. « Comme producteur de fourrage, vous avez une impressionnante occasion devant vous si vous abordez la situation sous le bon angle », a-t-elle précisé. Andrew Maharaj, conseiller régional d’Agriculture et Agroalimentaire Canada au Moyen-Orient, a indiqué que le défi reste de déloger la concurrence. Au moment actuel, le prix d’un conteneur de foin exporté de Calgary peut coûter 200 $ à 300 $ de plus que le foin produit aux États-Unis. « Le plus grand défi à surmonter peut être votre absence », a-t-il ajouté. « Les exportateurs américains sont présents sur le marché et ont développé des relations. Il est possible que vous deviez prévoir plusieurs déplacements avant que vous puissiez réaliser une première vente. Les ventes s’appuient beaucoup sur la confiance. »

Pour lire l’article complet sur le sujet de John Greg, consultez l’édition de mars 2018 du Bulletin des agriculteurs. Vous n’êtes pas abonnés? Faites-le en cliquant ici.

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