Faux sirop d’érable bio : réaction de l’Union Paysanne

Mirabel (Québec), 3 mai 2003 – Les récentes révélations concernant le faux sirop bio ne feront rien pour rassurer les citoyens. Plusieurs producteurs ont entendu par le passé le président de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (UPA) dire : « …il ne faut pas s’en faire avec le sirop bio, on est tous bio en acériculture… ». Avec de telles paroles, personne ne doit se surprendre qu’on en arrive là. Que la Fédération se ferme les yeux volontairement sur une loi d’appellation contrôlée qui fut si ardue à mettre en place, n’est pas étonnant. Est-ce que c’est parce que la certification du sirop biologique lui échappe qu’elle préfère faire l’autruche? L’UPA, qui a commencé par intégrer le bio dans son giron, veut maintenant lui imposer le pas cadencé. Selon elle, la production biologique n’est ni plus ni moins qu’un secteur comme les autres à diluer dans le conventionnel. L’UPA serait-elle un intégrateur? Que ce soit dans le sirop d’érable, ou comme actuellement dans le blé de consommation humaine, l’UPA utilisera les mêmes méthodes de mise en marché, sans égard pour le statut propre à la production biologique. Et faut-il rappeler que la majorité de ces discussions se font en vase clos?

Le président de L’UPA, Laurent Pellerin, écrivait récemment dans le journal Bio-Terre De Chez Nous « …ceux qui ont fait du bio pour s’amuser sont aujourd’hui remplacés par des gens sérieux… Nous avons reçu à l’Union Paysanne des dizaines d’appels d’agriculteurs biologiques outrés des paroles de Laurent Pellerin et qui se sont joints à nous cette journée là. Le scandale dans le sirop d’érable bio est un bel exemple de ce qui arrive quand des gens sont plus soucieux de la productivité que de la philosophie inhérente au biologique. La récupération de l’agriculture biologique que tente de faire l’UPA ne se fera pas sans heurt car à tout instant elle se frappera à la philosophie qui demeure la base de cette agriculture.

Il appartient au Gouvernement de veiller au grain et de donner au CAQ (Conseil d’accréditation du Québec) les moyens nécessaires pour remplir sa mission. Tous les pays industrialisés ont investi massivement dans leur agriculture biologique sauf nous. Il est plus que temps d’y voir.

Le secteur du biologique ne s’est pas doté d’outils aussi importants pour voir ensuite ses efforts défaits par une Fédération peu scrupuleuse.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Conseil d’accréditation du Québec (CAQ)
http://www.caqbio.org/

Fédération des producteurs acéricoles du Québec
http://www.maple-erable.qc.ca/

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

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