Filière porcine en France : un rapport appelle à la restructuration

Paris (France), 6 janvier 2004 – Pour faire face à la crise durable de la viande de porc, un rapport remis au ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard appelle la filière à se concentrer et à se restructurer.

Un plan d’action sera annoncé à la fin du mois de janvier à la suite de ce rapport de Jean-Louis Porry sur « l’avenir de la filière porcine française », a précisé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué.

L’annonce de ce plan d’action – qui comprendra des mesures structurelles et non plus seulement des mesures conjoncturelles – sera précédée, à une date non encore fixée, d’une table ronde présidée personnellement par Hervé Gaymard.

Face à la puissance de négociation de la grande distribution, le rapport Porry suggère un « regroupement des groupements de producteurs (…) en octroyant une aide aux organisations de producteurs qui s’engageront dans de telles concentrations » et d’« accompagner les restructurations d’entreprises qui en découleront par des garanties financières publiques ».

Un nouveau « plan d’encouragement à la cessation d’activité » est envisagé par le rapport Porry. Hervé Gaymard avait déjà annoncé, début décembre, une première enveloppe de 5 millions d’euros puis une autre, le 22 décembre, de 2 millions d’euros pour « aider à la cessation d’activités d’éleveurs souhaitant quitter la profession porcine ».

Le rapport Porry recommande également l’adoption « d’un signe de qualité unique garantissant au consommateur le respect de (la) réglementation et des contrôles correspondants ».

Concernant les prix élevés en magasin de la viande fraîche et des produits de charcuterie, « une étude sur la répartition des marges entre les différents maillons de la filière devrait être entreprise rapidement » et « étendue à l’ensemble de la grande distribution, ainsi qu’au +hard discount+ ».

La crise que traverse la filière française porcine est due à une sévère concurrence étrangère (486.500 tonnes équivalent carcasses importées sur 1,97 million de tonnes de viande de porc disponibles pour la consommation en 2003) et à une baisse de la consommation des ménages (-5% pour le porc frais, -1% pour la charcuterie, +0,4% pour le jambon en 2003) selon les chiffres de l’Ofival (Office national interprofessionnel des viandes, de l’élevage et de l’aviculture).

Cette nouvelle tendance suit une période d’euphorie qui a vu, au cours des 40 dernières années, la consommation de viande de porc passer de 25 à 40 kg par habitant alors que le prix du porc – en monnaie constante – était divisé par 3.

Le cours d’achat au producteur est repassé au-dessous d’un euro le kilo pour battre des records de faiblesse à 0,852 euro le 11 décembre dernier (0,854 le 5 janvier). Il fallait remonter au 12 mai 1999 pour trouver un cours encore plus faible: 0,849 euro.

La production française (2,089 millions de tonnes dont 606 600 pour l’exportation en 2003) est réalisée principalement par 19 000 élevages de plus de 20 animaux, dont 15 000 éleveurs spécialisés, la moitié des chefs d’exploitation ayant plus de 50 ans.

En France, il existe encore 90 groupements de producteurs contrôlant 90% de la production (22 à 25 millions de bêtes selon les périodes) dont plus des trois-quarts proviennent des régions Bretagne, Pays-de-la-Loire et Basse-Normandie, alors que, par exemple, le Danemark ne possède que deux groupements de producteurs, dont le principal détient 90% du marché.

Source : AFP

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