France : enquête sur les conditions de transport des farines de viandes

Paris (France), 2 avril 2002 – La Direction générale de l’alimentation (DGAL) a lancé il y a quelques semaines une enquête sur les risques de contaminations croisées lors du transport des farines de viandes, un même camion pouvant transporter alternativement des farines animales puis une matière première.

« Dans le cadre de nos compétences, nous réalisons régulièrement un certain nombre de contrôles pour vérifier la réglementation en matière de transport, et en particulier que les contaminations croisées sont évitées et qu’il n’y a pas de négligence de la part des opérateurs », a expliqué mardi à l’AFP Catherine Geslain-Laneelle, directrice de la DGAL.

Dans son édition de mardi, le quotidien Libération a annoncé le lancement de cette enquête à la suite de contrôles inopinés qui ont permis de constater la négligence de certains transporteurs, notamment en matière de nettoyage. Il évoquait la possibilité de la propagation du prion (protéine à l’origine de l’ESB chez les ruminants et de la maladie de Creutzfeld-Jakob chez les humains) via des remorques mal nettoyées.

Cette enquête permettra de voir « si la réglementation est bien appliquée, s’il est nécessaire ici ou là d’ajuster la réglementation, de l’adapter, de la renforcer sur certains points et d’être plus efficaces », a dit Mme Geslain-Laneelle.

Des enquêtes effectuées l’an dernier ont mis en évidence un risque de contamination des matières premières destinées à l’alimentation humaine ou animale, un camion pouvant livrer à la suite des farines animales puis une matière première.

Si le transport alterné est parfois autorisé, un certain nombre de conditions (désinfection des camions…) doivent être respectées. Celui des déchets animaux à haut-risque avec des produits destinés à l’alimentation humaine et animale est par exemple interdit.

Tout au long du mois de mars, les services vétérinaires et la DGCCRF (Direction de la Consommation, de la Concurrence et de la Répression des fraudes) ont procédé à des contrôles, « une enquête de grande ampleur », dont les résultats seront connus courant juin, selon Mme Geslain-Laneelle.

« Si le public n’a pas été informé, c’est que nous avons pensé que l’efficacité de ce genre d’enquête serait d’autant plus grande avec un effet de surprise », a-t-elle expliqué.

Mme Geslain-Laneelle a tenu à préciser que, sur les suites à réserver lors de la détection d’une anomalie, contrairement à ce qui a été écrit dans Libération, « l’absence de mesures n’a pas été préconisée. C’est un examen au cas par cas, en fonction d’une évaluation des risque encourus, car ce n’est pas parce que l’on ne respecte pas nécessairement la réglementation qu’il y a un problème pour la santé ».

Les sanctions peuvent aller du « rappel à l’ordre, à la suspension d’un agrément, voire dans les cas les plus graves comme cela été le cas il y a quelques mois dans le Puy de dôme, à la saisie du Parquet. Nous avons toute une palette à notre disposition », a-t-elle indiqué.

Source : AFP

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