Moins de viande fraîche, plus de produits préparés

Le panier d’épicerie des Québécois s’est transformé dans les dernières années, avec une place moins grande pour les viandes fraîches, surtout le porc, et une proportion à la hausse accordée aux mets préparés.

Dans un récent Bioclips, les chercheurs se sont attardés aux tendances dans le rayon des viandes, des poissons et du prêt-à-manger qui concentre plus de 20% des dépenses des ménages. De 2012 à 2019, la consommation d’aliments prêts à manger a connu une progression de 85% de ses ventes pour un total d’un peu plus de 202 M$. Tous les produits provenant de cette section en épicerie ont en fait connu une hausse à la fois des volumes et des ventes. La section comprend habituellement le comptoir des mets préparés en magasin et une rôtisserie, les viandes transformées (les viandes tranchées comme le jambon, le bacon et les saucisses), les pâtés et les quiches, les fromages fins et en contenant de plastique (feta, ricotta, etc.), ainsi que les produits de boulangerie maison.

Les produits frais ont, en contrepartie, vu leurs volumes diminuer bien que cette baisse ne se soit pas accompagnée d’une diminution équivalentes des ventes, en raison de hausses de prix en 2014 et 2015. L’exception est le porc qui a vu les volumes diminuer de près de 22% et les ventes de 11%. Le boeuf a vu son volume décroître de 10%, tandis que les ventes ont augmenté de 7%. Le poulet a connu le recul le moins important en ce qui a trait aux ventes (-3%) avec une augmentation des ventes de 17%.

Toutefois, dans le panier d’épicerie, le poulet, le bœuf et le porc demeurent les principales viandes que se procurent les ménages québécois, selon des parts respectives de 37%, de 35% et de 19% du volume total des ventes de viande fraîche ou surgelée en 2019.

Du côté des poissons, 39% du volume total des ventes de poissons et de fruits de mer frais ou surgelés va au saumon. Le homard occupe la deuxième position (15%)  et la crevette la troisième position (6%).

Selon le MAPAQ, environ 81% de la valeur des achats de produits de porc dans le commerce de détail et le réseau HRI (hôtellerie, restauration et institution) provient des transformateurs du Québec. Dans le secteur de la volaille (poulet et dindon), ce pourcentage correspond à 78%, tandis que le reste de la demande québécoise est comblée par des importations essentiellement canadiennes. Pour ce qui concerne l’offre québécoise de bœuf, elle est estimée à 23%. Le reste de la consommation est principalement d’origine canadienne ou des États-Unis, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. La majorité du poisson en vente en épicerie provient de l’extérieur du Québec.

La production de viande (productions végétales et animales confondues) ont totalisé 9,1G$ en 2019, dont le tiers, soit 2,7 G$, était constitué par le secteur de l’élevage. Les ventes provenant de la transformation de viande ont, pour leur part, totalisé 7 G$ l’année dernière, ce qui en fait le premier secteur de la transformation d’aliments au Québec et le plus grand employeur (18 645 emplois).

Le document note aussi des changements dans l’offre de produits depuis 2012. Les logos d’Aliments du Québec ou d’autres comme Le porc du Québec ou Bœuf Québec sont apparus. Les préoccupations face à l’environnement et le bien-être animal ont aussi amené d’autres types de produits qui côtoient les viandes contenant moins d’antibiotiques ou de la viande biologique. Des produits imitant la viande offrent aussi des ingrédients 100% végétaux.

Source: Bioclips

 

 

 

 

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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