France : feu vert des députés au budget 2005 de l’agriculture

Paris (France), 8 novembre 2004 – L’Assemblée nationale a voté le budget 2005 du ministère de l’Agriculture, de la Pêche et des Affaires rurales, en baisse de 1,8% par rapport à 2004 à 4,89 milliards d’euros.

Seule l’UMP a voté pour, l’UDF s’étant abstenue et la gauche ayant voté contre.

Les rapporteurs UMP Alain Marleix et Antoine Herth ont souligné qu’avec un report de crédits exceptionnels de 90 millions d’euros non consommés en 2004, le budget 2005 était « stable ».

« Dans un contexte budgétaire particulièrement tendu, le projet de loi permet de disposer de sommes équivalentes, il reconduit les grandes priorités et prend en compte l’avenir de ce secteur », a souligné M. Herth.

Evoquant le rapport Canivet sur la loi Galland, le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard a affirmé qu’« un certain nombre de conséquences en seront tirées, y compris sur le plan législatif, qu’il s’agisse des produits transformés ou non transformés, concernant notamment la qualification de situation de crise » et la question du « coefficient multiplicateur ».

Ce budget consacre 10 millions d’euros au lancement du système privé d’assurance-récolte, qui doit remplacer à terme le Fonds national de garantie des calamités agricoles (FNGCA).

La création d’un fonds unique consacré à la rénovation des bâtiments d’élevage pour mieux maîtriser les pollutions agricoles sera doté de 55 millions d’euros.

L’accent est également mis sur une politique volontariste en matière phytosanitaire et sur le renforcement de l’enseignement supérieur et de la recherche.

La politique de promotion des exportations agricoles sera également réformée.

La gauche a critiqué ces crédits.

« Ce budget est bien loin de concrétiser les attentes que vous avez suscitées », a estimé Jean Gaubert (PS), et avec une « baisse des moyens sociaux », « on ne peut pas dire que ce budget soit un budget d’avenir ». « C’est un budget de vaches maigres », a-t-il ajouté.

C’est « un budget d’abandon », a affirmé André Chassaigne (PCF), accusant le gouvernement de « soumettre l’agriculture au régime sec ». Il s’est notamment inquiété de la protection sociale agricole et les « différences de traitement entre l’enseignement privé et l’enseignement public ».

« Votre budget s’inscrit dans un contexte que nous savons tous difficile », a souligné François Sauvadet (UDF), mais « aujourd’hui les agriculteurs ont le sentiment de ne pas y voir clair dans leur avenir », ils « attendent bien plus que des accompagnements ». Il a plaidé aussi une « politique rénovée d’accompagnement à l’installation » pour lutter contre la complexité.

« Parce que nous saluons votre implication », dont « nous n’avons jamais douté », « nous ne voterons pas contre votre budget », mais il n’est pas possible non plus de « donner un blanc seing » au regard des « problèmes agricoles », a expliqué M. Sauvadet.

Source : AFP

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