France : les agriculteurs craignent une sécheresse encore plus importante qu’en 2003

Paris (France), 25 juin 2005 – Les agriculteurs français, auxquels des restrictions en eau ont été imposées au nom du principe de précaution, redoutent cet été une sécheresse dont les conséquences pourraient être encore plus importantes qu’en 2003.

« On craint une répétition de la sécheresse de 2003, d’autant que l’application du principe de précaution de l’utilisation de l’eau en agriculture est exagérée », a déclaré Dominique Barrau, secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), le principal syndicat agricole.

La sécheresse va être « un sujet de graves préoccupations dans les semaines et les mois à venir », a averti pour sa part mercredi le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau.

Pourtant les prévisions de récoltes étaient jusque là excellentes. Ainsi, celles de blé tendre devraient atteindre environ 37 millions de tonnes en 2005, un niveau comparable à la récolte de 2004 (37,4 MT) et proche du record historique de 1998 (38,3 MT), indique Philippe Pinta, président de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB).

Pour les producteurs de maïs, grands consommateurs d’eau, « les restrictions d’usage de l’eau vont se traduire par la chute des rendements, la perte de tout ou partie de la récolte et par une perte de revenus qui risque d’être dramatique si la pluie n’est pas au rendez-vous cet été », prévient l’Association générale des producteurs de maïs.

Sur les 3 millions d’hectares de maïs cultivés en France, déjà près du tiers (800 000 hectares) sont irrigués.

En aviculture, la chaleur a commencé à tuer des animaux. « Quelques dizaines de milliers de poulets y ont déjà succombé », a révélé le président de la Fédération des industries avicoles, Alain Melot, qui craint une répétition de l’hécatombe de 2003, été au cours duquel la profession avait enregistré la perte de trois millions de volailles.

Seuls les producteurs de fruits retrouvent le sourire. Le président de la Fédération nationale des producteurs de fruits, Christian Pauleu, a noté « depuis le dernier week-end (…) une reprise de la consommation », mais « encore insuffisante face à une offre importante en France et en Europe ».

Le ministère de l’agriculture espère une réponse positive du comité de gestion de la Politique Agricole Commune, qui se réunit mercredi à Bruxelles, pour examiner la demande française d’autoriser 18 nouveaux départements à utiliser les parcelles en jachère pour la nourriture des animaux qui manquent de fourrage.

Le 21 avril, la Commission européenne avait déjà autorisé cette pratique dans 41 départements. Le président des Jeunes Agriculteurs (JA) Bernard Layre souhaite pour sa part que tous les départements soient autorisés.

Le « comité sécheresse », crée en 2003, se réunit pour sa part jeudi. « Aucune décision n’y sera prise », indique-t-on au Ministère de l’Agriculture qui considère qu’« on n’est pas encore en situation de crise ».

L’« addition » de la sécheresse de 2003 s’était élevée pour l’agriculture à 1,5 milliard d’euros, dont les deux tiers provenaient de fonds agricoles et seulement un tiers de l’Etat.

Les contribuables n’ont rien à craindre d’un impôt spécial « sécheresse ». Les agriculteurs ont gardé un trop mauvais souvenir de l’unique expérience de 1976 qui avait affecté durablement leur image dans l’opinion publique.

Mais ils espèrent qu’en cas de malheur, la solidarité nationale jouera encore en leur faveur malgré leur non au référendum sur la constitution européenne auquel le monde rural français a largement contribué.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

Commentaires