France : les producteurs de choux-fleurs maintiennent la pression

Brest (France), 6 mai 2004 – Les producteurs de choux-fleurs du Finistère, des Côtes d’Armor et de l’Ille-et-Vilaine ne désarment pas dans leur mouvement commencé en début de semaine pour obtenir de l’Etat huit millions d’euros afin de soulager leur trésorerie.

C’est ainsi que, jeudi en début de soirée à Quimper, une centaine d’agriculteurs en colère se sont installés sur le tarmac de l’aéroport de la préfecture du Finistère avec l’intention d’y rester une partie de la soirée. Un appareil a dû être dévié vers Lorient (Morbihan). Une action semblable avait lieu vers 20h sur l’aéroport de Brest-Guipavas.

Dans les Côtes d’Armor, trois groupes composés de plus d’une cinquantaine de producteurs ont démarré leurs actions peu après 19h par des barrages filtrants sur des ronds-points. Ils envisageaient en deuxième partie de soirée de se rendre dans des gares ou des aéroports.

Quelques heures plus tôt, à Saint-Méloir-des-Ondes, près de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), une trentaine de producteurs de choux-fleurs avaient bloqué dans l’après-midi la circulation en différents endroits de la zone légumière, dans la frange littorale du département.

« Hier (mercredi), nous étions 120 avec 70 tracteurs, aujourd’hui nous sommes 30 et demain nous serons 30 encore pour que ce ne soit pas toujours les mêmes qui manifestent », a expliqué à l’Associated Press le responsable légumes des Jeunes agriculteurs (JA) de l’Ille-et-Vilaine, Vincent Mazier.

JA et la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) du Finistère et des Côtes d’Armor organiseront de nouveau des actions dans la soirée, ont indiqué leurs représentants à l’AP.

Les marchés au cadran bretons ont enregistré mercredi et jeudi une remontée des cours. La tête de chou-fleur s’est négociée jeudi 43 centimes, contre 26 centimes en moyenne de janvier à avril. Le chou-fleur d’hiver, première production de la Bretagne (30% d’un chiffre d’affaires régional réalisé avec 25 légumes), entre dans ses dernières semaines de campagne et les volumes mis sur le marché baissent.

« Nous voulons un rendez-vous avec le ministre de l’Agriculture, et surtout des garanties qu’on obtiendra ce qu’on demande », a souligné Mickaël Prigent, en charge du dossier légumes aux Jeunes agriculteurs du Finistère.

Celui-ci rappelle que, lors de sa venue dans le Finistère l’année dernière, à l’occasion de l’assemblée générale de la SICA Saint-Pol, première organisation de producteurs de France, le ministre « avait promis d’apporter une solution » de substitution aux plans de campagne. Ces financements versés par l’Etat aux régions productrices de légumes pour gérer les marchés en surproduction avaient été arrêtés en 2002 sur injonction de Bruxelles.

Source : AP

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