France : Mécontentement persistant des producteurs de fruits et légumes

Paris (France), 20 août 2004 – Le gouvernement fait face au mécontentement des producteurs de fruits et légumes, insatisfaits du dispositif de prix minimum mis en place à la demande du ministre des Finances Nicolas Sarkozy.

Christian Jacob, ministre délégué aux PME, au Commerce et à la Consommation, a déclaré vendredi que le gouvernement allait tenter d’apporter une réponse à la crise de ce secteur.

Il s’est prononcé contre « les systèmes de produits minimums », suggérant de réfléchir à des systèmes de « coefficients multiplicateurs » dont le rétablissement est réclamé par des syndicats agricoles.

« Nous allons regarder ensemble, à la fois au ministère de la Consommation, au ministère de l’Agriculture, comment nous pouvons apporter une réponse aux producteurs », a-t-il déclaré sur RTL.

« Plutôt que les systèmes de prix minimum qui souvent se transforment en prix maximum, c’est à dire que ça créée un appel d’air à des produits d’importation, peut-être qu’il faut réfléchir à des systèmes de coefficients multiplicateurs », a ajouté Christian Jacob.

La veille, la FNSEA, principal syndicat agricole, et la Confédération paysanne avaient demandé « l’intervention directe de l’Etat » et non de simples incitations comme le système mis en place à la demande du ministère des Finances.

La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles a ainsi demandé le rétablissement du « coefficient multiplicateur », c’est-à-dire un encadrement des marges de la distribution, pour « sauver la saison ».

« La situation paraît désormais bloquée et les recours massifs à des importations à bas prix, viennent, qui plus est, pénaliser les producteurs français », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

« TROMPE-L’OEIL »
Le coefficient multiplicateur consiste à encadrer le niveau des marges entre le prix d’achat au producteur et le prix final au consommateur, une solution jugée acceptable par les autorités de concurrence dans le cadre de négociations contractuelles.

Dénonçant des « mesurettes en trompe-l’oeil », la Confédération paysanne a critiqué la « lenteur des pouvoirs publics à réagir » après deux mois d’application de l’accord sur les prix.

Elle a demandé que les seuils de prix minimums dits « rémunérateurs », qui ne concernent que quatre produits (pêche, nectarine, tomate et melon) ne restent pas « un simple effet d’annonce ».

Elle a regretté que « ces mesures ne concernent que quatre produits et n’entrent pas dans un cadre de mesures nationales sous l’égide de l’Etat ».

Le ministère de l’Economie et des Finances avait demandé le 13 août à la grande distribution de prendre les mesures nécessaires pour rémunérer correctement les producteurs de certains fruits et légumes « à un prix qui ne peut être inférieur au coût de revient des produits ».

Pour les producteurs, ces accords « vont se traiter au coup par coup et de gré à gré sous forme de contrats privés entre la grande distribution, les producteurs et les metteurs en marché privés ou coopératifs, laissant par ailleurs libre cours au marché pour les volumes importés ».

Selon la FNSEA, à une exception près, les centrales d’achat et représentants de la distribution n’ont pas daigné répondre à ce jour à l’incitation du ministère des Finances.

Depuis plusieurs semaines, les producteurs de fruits et légumes multiplient les opérations contre des grandes surfaces, déversant parfois leurs produits devant les magasins. Ils dénoncent les marges abusives des distributeurs et la baisse des prix à la production, comparée aux prix de détail jugés élevés.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Confédération paysanne
http://www.confederationpaysanne.fr/

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

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