France : plan de 150 millions d’euros EUR pour soutenir l’industrie agroalimentaire

Paris (France), 10 mai 2005 – Créer 80 000 emplois en dix ans, pour passer de 420 000 actuellement à 500 000 à terme: c’est l’objectif du plan de 150 millions d’euros annoncé par le gouvernement français pour soutenir l’industrie agroalimentaire hexagonale.

« C’est un objectif réaliste si l’on tient compte du taux de croissance annuel de l’emploi dans l’industrie agroalimentaire », a déclaré Nicolas Forissier, secrétaire d’Etat à l’Agriculture et à l’Alimentation, mardi lors de la présentation de ce plan à la presse.

L’industrie agroalimentaire française est un des rares secteurs à avoir créé des postes au cours de la dernière décennie. Mais en 2004, pour la première fois depuis dix ans, l’emploi (418.500 salariés) a régressé de 0,6%.

L’ensemble de ce « Partenariat national pour les industries agroalimentaires » représente un minimum de 150 millions d’euros, dont au moins 50 M EUR de crédits budgétaires, en « majeure partie » nouveaux, et 100 M EUR de financement, principalement des prêts participatifs, a précisé le secrétariat d’Etat à l’Agriculture.

Il s’agit du « premier plan d’action concret pour la première industrie française depuis près de 30 ans », a fait valoir M. Forissier.

Les professionnels restent cependant dans l’expectative.

« Nous sommes satisfaits de la volonté du gouvernement de mobiliser un certain nombre d’outils et de fonds mais nous attendons de voir comment la concrétisation de ces engagements budgétaires va être réalisée », a ainsi déclaré à l’AFP Jean-René Buisson, le président de l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA).

Plus des deux tiers des 10.841 entreprises du secteur ont moins de 20 salariés et pour permettre aux PME de l’agroalimentaire un accès à des produits financiers, un partenariat a été mis en place entre le ministère de l’Agriculture et la banque Oséo, la nouvelle banque publique destinée à financer les projets des PME, née du rapprochement de l’Anvar et de la BDPME.

De même, différentes mesures sont proposées, dont un « kit export », conseil personnalisé réalisé par des organismes spécialisés, afin de doubler le nombre d’entreprises exposant dans les salons internationaux (2.500 prévues en 2008) et celles régulièrement exportatrices, avec un objectif de 2 000 dans 3 ans contre 1 000 actuellement.

L’Etat va également revoir ses relations avec la Sopexa (Société pour l’expansion des ventes des produits agricoles et alimentaires).

Dès le 1er janvier 2006, la Sopexa, qui conçoit et met en place pour le compte de ses clients (entreprises et filières agroalimentaires) des campagnes de communication pour leurs produits, sera ainsi mise en concurrence totale avec d’autres sociétés.

M. Forissier a par ailleurs confirmé que l’Etat, qui détient environ un quart du capital de la Sopexa, entendait vendre sa part avant la fin de l’année.

Enfin, pour améliorer l’image de l’agroalimentaire et mieux faire connaître ses métiers, une grande campagne de communication va être lancée en juin pour aider a pourvoir le dixième des 100 000 offres d’emploi proposées chaque année dans ce secteur.

Le chiffre d’affaires des industries agroalimentaires françaises, qui assurent 70% des débouchés de l’agriculture, s’est élevé à 138 milliards d’euros en 2004, dont plus de 28,8 milliards à l’exportation. Ce qui place la France au premier rang mondial des exportateurs du secteur, et a permis de dégager un solde commercial positif de 7,5 mds d’euros, en baisse de 7,7% sur celui de 2003.

Source : AFP

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