France : un collectif dénonce « l’exploitation sauvage » des saisonniers

Marseille (France), 4 juillet 2002 – Un collectif de défense des immigrés, constitué à Marseille, dénonce « l’exploitation sauvage » des saisonniers étrangers de l’agriculture sous contrat OMI (Office des migrations internationales), à travers le cas d’un Marocain menacé de reconduite à la frontière après « huit mois de travail extrêmement dur ».

Selon le collectif de défense des travailleurs étrangers dans l’agriculture (Ligue des droits de l’Homme, MRAP, CGT, CFDT et Confédération paysanne), ce Marocain de 35 ans, dont il préfère taire le nom, est arrivé à Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône) en mai 2001 muni d’un contrat OMI.

Ces contrats de travail permettent à des employeurs de faire venir en France, pour des durées déterminées, des saisonniers étrangers rémunérés au SMIC. Dans les Bouches-du-Rhône, 4800 de ces contrats ont été conclus l’an dernier (environ 7000 au niveau national). Ils concernaient à 90% des Marocains venus travailler chez les maraîchers et arboriculteurs du département, selon les chiffres des syndicats.

Après huit mois de travail, « il n’avait reçu que 880 € (1305 $) d’acomptes » et « lorsqu’il a réclamé son dû, son employeur, loin de s’acquitter de sa dette, lui a en plus demandé 50.000 F (11 255 $) pour lui permettre de revenir en France la saison suivante », a déclaré Louis Bretton, directeur de l’espace accueil aux étrangers de Marseille.

« Ne pouvant retourner au pays les mains vides, il a alors travaillé au noir pour des agriculteurs des Bouches-du-Rhône et de Vaucluse », a-t-il poursuivi. « Interpellé la semaine dernière à Avignon, a-t-il dit, il a fait l’objet d’un arrêté de reconduite à la frontière et a été placé au centre de rétention d’Arenc dans l’attente de l’exécution de cet arrêté ».

Affirmant que ce travailleur a saisi l’inspection du travail et le parquet de Marseille, le collectif réclame pour lui une « autorisation provisoire de séjour ». La préfecture des Bouches-du-Rhône a indiqué à l’AFP qu’« une enquête est en cours » concernant ce ressortissant marocain.

Selon le collectif, qui ne fournit pas de chiffres, les contrats OMI donnent lieu « à des abus énormes », les étrangers n’osant souvent pas se plaindre de crainte de ne pas voir leur contrat renouvelé l’année suivante. Les organisations d’agriculteurs font valoir leurs difficultés à trouver de la main d’oeuvre sur place, assurant que les « dérives » se « comptent sur les doigts de la main ».

Source : AFP

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