Générer plus de profits, c’est possible

DumasFiiscaliste agricole chez Dumas-Leduc CPA, Mario Dumas recommande rarement d’agrandir l’exploitation pour générer plus de profits. En fait, ce n’est même pas la première question qu’il aborde avec ses clients. Il s’intéresse d’abord à la vision des exploitants, leurs objectifs personnels, leurs objectifs d’affaire et leurs critères de réussite.

Mario Dumas était l’invité du Carrefour du savoir agricole de Financement agricole Canada le 16 février dernier à Saint-Jean-sur-Richelieu pour une formation ayant pour titre « Générez plus de profit sans augmenter la taille de votre exploitation ».

Est-ce que le fiscaliste ne recommande jamais d’augmenter la taille de l’exploitation? Il lui arrive occasionnellement de le faire, si cela permet de réaliser la vision des exploitants, même si l’investissement n’est pas toujours rentable. La vision de l’entreprise peut être de réaliser le transfert de ferme ou d’assurer une meilleure qualité de vie. Tout exploitant qui vendrait sa ferme aurait de meilleurs rendements financiers en plaçant l’argent provenant de la vente qu’en exploitant l’entreprise. La raison principale qui motive l’exploitant agricole à continuer n’est donc pas de faire de l’argent. Il faut toutefois en faire pour réaliser ses objectifs.

Au prix des terres actuel, l’agrandissement est difficilement rentable et il existe souvent plusieurs points sur lesquels les exploitants peuvent travailler pour améliorer la rentabilité. « Nous sommes tous capables de faire plus de revenus, explique Mario Dumas, mais si l’on veut améliorer notre qualité de vie, c’est en augmentant les profits que nous allons y arriver. »

Plus de profits, oui, mais comment?

Atelier DumasDans sa formation, Mario Dumas ne donne pas les réponses aux participants. Il les amène plutôt à se questionner eux-mêmes afin de trouver leurs propres solutions. Ce fut donc un atelier très interractif. Selon leur production, Mario Dumas a demandé à la soixantaine de participants quels étaient les aspects qu’ils maîtrisaient bien et les aspects qu’ils devaient améliorer. Sur un ton humoristique, il a fait remarquer que toute entreprise a des points à améliorer.

Avec un exemple d’achat de terre pour la culture du maïs avec trois hypothèses de prix, Mario Dumas démontre la difficulté d’atteindre la rentabilité de l’achat. « Commençons à être plus efficaces avec ce que l’on a », dit-il.

Gardons-nous un trop grand nombre de génisses de remplacement? C’est dispendieux. Pourrions-nous partager la machinerie avec le voisin, ce qui nous permettrait de réduire nos frais de machinerie de 50%? Est-ce que nous utilisons les bons moyens pour garder nos employés longtemps? Utilisons-nous les bons employés au bon endroit? « Il y a deux choses qu’on ne baisse pas dans une entreprise : les honoraires du comptable et les salaires », dit Mario Dumas, un sourire au lèvre.

En fin d’atelier, Mario Dumas effectue un calcul d’efficacité d’une amélioration 5-5-5, soit 5% de rendement, 5% du prix de vente et 5% des coûts de production. La démonstration est éloquente. Oui, il est possible d’améliorer son profit de façon substentielle sans agrandir son exploitation.

Importance de la communication

Même si la communication n’était pas au cœur de la formation, Mario Dumas a fait une recommandation basée sur son expérience. L’entreprise agricole est un lieu particulier où plusieurs générations travaillent ensemble. De surcroît, les fermes comptent de plus en plus d’employés, ce qui rend la communication encore plus importante.

Spécialisé en transfert de ferme, Mario Dumas connaît bien cet aspect. « Le problème le plus important lors du transfert, c’est la communication, dit-il. Si les parents n’ont jamais pris une fin de semaine pour eux, ils ont de la difficulté à accepter que leurs enfants veulent une fin de semaine sur deux de congé. »

Pour améliorer la communication, Mario Dumas recommande que les copropriétaires se réunissent souvent, et dans une pièce réservée pour les réunions. « Les relations sont tellement émotives, fait-il remarquer. Les conflits, ça ne se règle pas lors du party de Noël. »

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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