Greenpeace bloque l’exportation d’OGM destiné au Japon dans le port de Vancouver

Vancouver (Colombie-Britannique), 2 octobre 2003 – Des grimpeurs de Greenpeace ont bloqué le chargement du cargo Glory Island avec du canola génétiquement modifié (GM) à destination du Japon. Portant des pancartes sur lesquelles était écrit« Danger : exportation d’OGM », trois grimpeurs se sont suspendus aux structuresde chargement alors que deux autres ont déroulé une bannière sur le côté dunavire qui disait « Canada : Arrêtez l’exportation d’OGM ».

« Le reste de la planète refuse les plantes et les aliments génétiquementmodifiés alors que le Canada les exporte sans étiquetage partout au monde »,déclare Pat Venditti, responsable de la campagne OGM chez Greenpeace Canada.« En continuant de cultiver les plantes OGM, le Canada menace l’environnementmondial, les agriculteurs canadiens et les exportations canadiennes. »

En exportant des produits agricoles OGM, le Canada viole ses obligationsinternationales en vertu du Protocole sur la biosécurité. Selon cet accord,les pays sont tenus de protéger l’environnement naturel contre les risquesassociés aux OGM. En tant que signataire, le Canada est tenu de ne pas minerles objectifs du Protocole sur la biosécurité, notamment celui de s’assurerque les OGM exportés soient étiquetés, qu’ils ne présentent aucun risque pourl’environnement du pays importateur et qu’ils fassent l’objet d’une évaluationadéquate des risques.

« Le système canadien de réglementation de la biotechnologie agricole estdéfectueux, car il ne protège pas l’environnement du Canada et des paysimportateurs comme le Japon et la Chine », explique Pat Venditti. « En insistantpour introduire les aliments OGM dans les assiettes des consommateurs àl’échelle internationale, le gouvernement met en danger la biosécurité et lesmarchés. » De nombreux experts, y compris ceux de la Société royale du Canada,ont critiqué le système canadien de réglementation de la biotechnologieagricole en soulignant qu’il ne permet pas de réglementer d’une manièreadéquate les OGM.

Le Canada refuse aussi de reconnaître le rejet international croissantdes cultures OGM. Depuis l’introduction du canola OGM, la valeur desexportations annuelles canadiennes de canola vers l’Union européenne a chutéconsidérablement. Les exportations se chiffraient à 185 millions de dollars enmoyenne au milieu des années 90 et depuis, elles sont d’à peine plus d’unmillion de dollars par année. La valeur des exportations de canola canadien àla Chine est tombée de plus de 350 millions de dollars en 2001 à moins de 16millions de dollars en 2002, en partie à cause de l’adoption par la Chined’une réglementation stricte sur les OGM. Plusieurs analystes prévoient quedans l’avenir, cette réglementation nuira probablement à la capacité du Canadaà exporter les produits OGM en Chine.

Un sondage récent réalisé par le gouvernement du Japon montre que plus de60 % des consommateurs japonais refusent d’acheter des aliments OGM. Soixante-seize pour cent des personnes sondées ont déclaré qu’il faudrait étendrel’étiquetage obligatoire aux produits comme l’huile de canola. A l’heureactuelle, l’étiquetage de l’huile de canola OGM n’est pas obligatoire auJapon. De plus, l’industrie agroalimentaire japonaise a clairement faitentendre qu’elle n’acceptera pas le blé OGM cultivé au Canada.

« Le Canada continuera-t-il d’exporter des OGM dangereux et non étiquetésou respectera-t-il ses engagements internationaux à protéger l’environnementcontre la menace des OGM ? », s’interroge Pat Venditti. « En ratifiant leProtocole sur la biosécurité et en appliquant le principe de précaution à ladissémination des plantes OGM dans l’environnement, le Canada a l’occasiond’agir comme un leader plutôt que comme un criminel. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

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