Grippe aviaire en France : la vaccination des volailles ne se fera pas avant le début mars

Paris (France), 16 février 2006 – La France a décidé de faire vacciner tous les canards et les oies d’élevages « situés dans les zones humides » de trois départements, mais attendra début mars pour le faire en raison de l’absence de doses de vaccin et de la nécessité d’un feu vert de l’Union européenne.

Les premières doses de vaccin contre la grippe aviaire – 3 millions – pour traiter canards et oies des Landes, Loire-Atlantique et Vendée dans les cas où « leur claustration ne peut pas être mise en oeuvre » seront prêtes la semaine prochaine, a déclaré jeudi le ministère de l’Agriculture.

Mais l’autorisation de mise sur le marché de ce vaccin, valable pour plusieurs espèces (canards, oies…), devra encore être donnée par les autorités communautaires de Bruxelles. Ceci pourrait intervenir mardi ou mercredi, selon la direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’Agriculture.

Ce laps de temps, pour la DGAL, devrait laisser le temps de constituer les équipes de vaccination, et les opérations sur le terrain pourraient débuter à partir de la semaine commençant le 27 février, a précisé la DGAL.

Un premier marché de 15 millions de doses de vaccin a été passé à la société Intervet, basée aux Pays-Bas. Une deuxième commande de 14 millions de doses, avec une première tranche de 3,5 millions, a été passée à la société américaine Fort Dodge, a encore indiqué la DGAL.

Les 2 000 élevages de canards et d’oies dans les trois départements concernés élèvent de 1,8 à 1,9 million de bêtes. Mais les volailles en fin de vie ne seront pas vaccinées, vu le délai nécessaire à l’immunisation.

Les frais de cette vaccination préventive, décidée sur recommandation de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), seront pris en charge par l’Etat.

La déléguée générale du CIFOG (Centre d’information des palmipèdes à foie gras), Marie-Pierre Pé, avait déclaré à l’annonce de la décision du gouvernement que « les éleveurs allaient s’y conformer » dans les départements concernés. Ils élèvent une grande partie des 30 millions de canards et le million d’oies à gaver en France, produisant 17 000 tonnes de foie gras.

Sur place, les vétérinaires se préparent. « Nous sommes actuellement assaillis de demandes par les éleveurs », a dit à l’AFP un vétérinaire de la région Bretagne, Guy Joucou.

« On attend des précisions de la part du législateur », a noté pour sa part Antoine Mercier, également de la région Bretagne. « Généralement, les vaccinations dans le cas de maladies réputées contagieuses sont faites sous la responsabilité du vétérinaire sanitaire (en charge du suivi des exploitations). Ce qui ne veut pas dire nécessairement que c’est lui qui les fait », a-t-il précisé.

« Pour le moment, fait-il remarquer, on sait qu’il faut vacciner les volailles dans certains départements, mais il n’y a pas de vaccin qui dispose d’une autorisation de mise sur le marché ou même d’une autorisation temporaire d’utilisation ».

Source : AFP

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