Hausse du pétrole : les agriculteurs français plaident pour plus de biocarburants

Paris (France), 10 août 2005 – Tracteurs, machines agricoles, engrais… L’envolée des prix du pétrole et de l’énergie inquiète les agriculteurs français qui, soucieux de préserver leurs coûts, attendent des pouvoirs publics un développement plus rapide des biocarburants.

L’accroissement constant du prix du baril de pétrole, qui a atteint mardi à New York un nouveau record à 64,27 dollars, a de lourdes conséquences sur la vie des exploitants agricoles.

« Depuis l’an dernier, ma facture a augmenté de 1.260 euros pour les engins agricoles de mon exploitation de 70 hectares dans le Pas-de-Calais », déplore Jean-Bernard Bayard, secrétaire général adjoint de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA).

« Et encore je ne compte pas le remboursement de 336 euros de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers), ni toutes les augmentations des engrais, ni des pneus des tracteurs, liées aux prix de l’énergie », ajoute-t-il.

« Il est plus que temps qu’on adopte une démarche en faveur des énergies renouvelables », insiste Jean-Bernard Bayard.

Les charges liées à l’énergie représentent 15% du chiffre d’affaires de la « Ferme France » évalué, par la FNSEA, à 14,200 milliards d’euros par an.

« Les biocarburants sont plus que jamais l’alternative à cette hausse déraisonnable », renchérit Philippe Meurs, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, qui a terminé mardi la moisson de blé dans l’Aisne.

La Commission européenne avait annoncé, le 6 juillet, qu’elle avait adressé une dernière mise en garde avant des poursuites devant la Cour européenne de justice (CEJ) à neuf Etats membres de l’UE, dont la France, ne respectant pas la directive sur les biocarburants.

Les biocarburants comprennent le biodiesel, produit à partir de graines oléagineuses (principalement le colza) et d’huiles de cuisson usagées; le bioéthanol, obtenu à partir de cultures céréalières et sucrières, et le biogaz, produit à partir de gaz de décharge et de déchets agricoles.

Face à la flambée des prix de l’énergie, la FNSEA a décidé de demander « dès septembre » la prorogation en 2006 du remboursement partiel de la TIPP pour les agriculteurs, assure M. Bayard.

En 2004, cette mesure avait coûté une cinquantaine de millions d’euros au budget de l’Etat, selon le ministère des Finances.

La construction en France de six nouvelles usines de biocarburants (trois pour le biodiesel, trois pour l’éthanol), annoncée en juin, ne suffit pas, estime le responsable de la FNSEA.

Au contraire de la politique agricole commune imposant la mise en jachère de nombreuses terres, la FNSEA réclame également « le développement des productions végétales pour que ces matériaux remplacent le plastique utilisé dans la fabrication de sacs et l’habillage des voitures ».

François Lucas, président de la Coordination rurale (syndicat minoritaire) dont le siège est à Auch (Gers), va encore plus loin. « Il faut que les agriculteurs puissent par exemple utiliser le blé pour leur chauffage », réclame M. Lucas.

« La crise pétrolière n’est pas seulement conjoncturelle mais structurelle avec un baril qui pourrait dépasser prochainement les 100 dollars », estime M. Lucas qui demande : « A quel prix du pétrole va-t-on commencer une autre politique ? »

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

Jeunes agriculteurs
http://www.cnja.com

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