Influenza aviaire hautement pathogène déclarée en Colombie-Britannique

L’agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a déclaré le jeudi 4 décembre la présence d’un cas d’influenza aviaire hautement pathogène sur deux fermes avicoles de la vallée du Fraser en Colombie-Britannique. Le virus en cause est le H5N2. Deux autres fermes sous quarantaine sont également présumées porteuses du même virus.

L’épisode a débuté vers la fin de la dernière semaine de novembre lorsqu’un élevage de dindons d’Abbotsford a commencé à montrer une mortalité un peu plus élevée que normal, mais rien d’inquiétant. Durant la fin de semaine, le taux de mortalité a toutefois augmenté, atteignant 60% dimanche. Outre, le taux de mortalité élevé, les oiseaux ne démontraient pas les signes cliniques typiques de l’influenza aviaire, comme les éternuements, la toux et les écoulements nasaux, explique la vétérinaire en chef de la Colombie-Britannique au ministère de l’Agriculture de la province, Jane Pritchard, en conférence téléphonique.

Des échantillons de cette ferme et d’une ferme de poulets d’une municipalité voisine, Chilliwack, démontrant des signes de maladie ont été envoyés dans un laboratoire provincial. Ce laboratoire a révélé le mardi 2 décembre la présence d’influenza aviaire sur ces deux fermes. Les analyses des échantillons envoyés au laboratoire national à Winnipeg ont révélé la présence d’influenza aviaire hautement pathogène.

Deux fermes supplémentaires de poulets à griller, situées à Abbotsford, ont été mises en quarantaine mercredi et les analyses effectuées dans un laboratoire provincial ont démontré la présence d’influenza aviaire le jeudi 4 décembre. Des échantillons ont été envoyés à Winnipeg pour déterminer la souche et la sous-souche.

Euthanasie

Les quatre fermes sont en quarantaine. Les procédures d’euthanasie ont été planifiés et ont débuté le 5 décembre sur la première ferme de poulets à griller ayant démontré la présence du virus. Au total, 80 000 oiseaux seront euthanasiés à l’aide de gaz carbonique dans les poulaillers. Les oiseaux seront par la suite compostés dans leur poulailler jusqu’à ce que le virus soit détruit, puis un second compostage à l’extérieur des bâtiments sera effectué pour compléter le processus. Les producteurs seront indemnisés selon les règles établies par l’ACIA.

Santé humaine

L’ACIA a tenu à rassurer la population en général. « Les virus d’influenza aviaire ne posent aucun risque pour la salubrité des aliments lorsque la volaille et les produits connexes sont manipulés et cuits correctement. La grippe aviaire affecte rarement les êtres humains qui n’ont pas de contact constant avec les oiseaux infectés. Toute maladie serait bénigne. Les autorités en matière de santé publique sont prêtes à prendre des mesures de précaution, au besoin. », dit-elle dans ses communiqués sur l’état de la situation.

Biosécurité

L’ACIA et les autorités provinciales incitent les producteurs de la région à maintenir un haut niveau de biosécurité. « La biosécurité est la clé de l’opération », indique le vétérinaire en chef du Canada pour l’ACIA, Harpeet Kochhar dans une conférence téléphonique.

Au Québec, l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles (ÉQCMA) a envoyé un message aux producteurs et aux intervenants de l’industrie leur demandant de s’assurer de mettre en application des mesures rigoureuses de biosécurité.

« Mais étant donné que les distances sont élevées entre cette région et ici – 5000 km – on ne peut pas faire plus pour l’instant, explique le coordonnateur de l’ÉQCMA, Martin Pelletier. Encourager les intervenants à appliquer les mesures de biosécurité au quotidien, c’est notre meilleure protection. »

Pour plus d’information :

Fiche de l’Association des vétérinaires en industrie animale sur l’influenza aviaire

Page de l’ACIA sur l’influenza aviaire

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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