La canicule affecte l’offre céréalière européenne, épargne l’offre mondiale

Londres (Angleterre), 14 août 2003 – L’exceptionnelle canicule qui sévit sur l’Europe depuis plusieurs semaines est en train de détruire une partie des récoltes de céréales, notamment celle de blé, mais l’offre mondiale ne devrait pas être trop affectée.

« La sécheresse affecte de façon évidente la production de cérérales, surtout en Europe, et elle commence à toucher l’Australie et le Canada, de même que certaines régions des Etats-Unis », a indiqué à Londres Youri Makarov, économiste du Conseil International des Céréales (CIC), une organisation intergouvernementale regroupant pays consommateurs et producteurs.

La France et l’Allemagne sont les pays les plus touchés par la vague de chaleur, suivis par l’Italie et l’Espagne, a précisé cet économiste.

« On perd des récoltes en Europe, surtout de blé, en raison de la canicule », approuve Vinicius Ito, analyste à la maison de courtage Fimat. « Il y a aussi des problèmes de sécheresse aux Etats-Unis, dans les plaines du Sud », ajoute-t-il.

La différence est qu’en Europe, la chaleur s’ajoute à la sécheresse et empêche les terres de s’humidifier, les rares précipitations s’évaporant trop rapidement. « C’est pour cela que la situation est plus grave en Europe », explique M. Ito.

Selon l’hebdomadaire britannique The Public Ledger, l’Union européenne a été forcée de suspendre une partie de ses exportations céréalières pour être sûre de satisfaire sa demande interne.

Cependant, selon Youri Makarov, « l’impact de la sécheresse sur la production mondiale cette saison devrait être limité, car si l’offre européenne va être réduite, d’autres pays verront leurs récoltes s’accroître ».

Les Etats-Unis, l’Australie et le Canada, qui avaient fortement souffert de la sécheresse la saison passée, devraient être globalement épargnés en 2003/04 (juillet-juin), explique l’expert du CIC.

En Australie, la récolte de blé est ainsi attendue à 21 millions de tonnes (Mt) contre 9,4 Mt en 2002/03, et aux Etats-Unis, elle devrait passer de 44 Mt à 62,5 Mt. En revanche, le département américain de l’agriculture (USDA) a récemment abaissé de 5 Mt ses estimations pour la récolte de maïs pour cause de sécheresse.

Au Canada, l’Office du blé canadien a estimé que les récoltes de blé et d’orge allaient baisser de 12,5% et 10% respectivement, tout en restant supérieures à l’année passée.

« D’une manière générale, la production mondiale de céréales devrait être inchangée ou légèrement inférieure à 2002/03 », estime M. Makarov.

Selon les dernières estimations du CIC, publiées le 31 juillet, la production mondiale de céréales en 2003/04 devrait être supérieure de 4% à la saison précédente, à 1,495 milliard de tonnes.

L’Office du blé canadien a de son côté abaissé de 10 Mt à 545 Mt ses estimations pour l’offre mondiale de blé à cause de la canicule qui sévit en Europe.

Quoiqu’il en soit, l’évolution des cours des céréales reflète l’inquiétude actuelle à l’égard de la canicule.

Les cours du blé à Chicago ont augmenté de plus de 20% depuis fin juin, passant de 312,5 à 377 cents, à leur plus haut niveau depuis près de neuf mois.

Le cours du soya a progressé de 8% depuis le 25 juillet, passant de 507,5 à 546,5 cents actuellement, et celui du maïs a augmenté de 10% sur la même période, de 209,5 à 229,75 cents.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission canadienne du blé
http://www.cwb.ca/

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