La Commission du blé est ciblée par les opposants aux subventions

Winnipeg (Manitoba), 17 février 2003 – La Commission canadienne du blé (CCB) s’inquiète des propositions du président de la nouvelle ronde de négociations commerciales sur l’agriculture de l’Organisation mondiale du commerce, qui veut s’attaquer à son monopole.

« A première vue, il n’y a rien de réjouissant dans ces propositions », a déclaré lundi la porte-parole de la commission, Louise Waldman, en commentant le rapport intérimaire du président Stuart Harbison, remis pour discussions en fin de semaine à Tokyo.

« Cela ressemble à ce que proposeraient les Américains et viendrait perpétuer les inégalités qui existent déjà dans le domaine de l’agriculture », a-t-elle dit.

Les représentants canadiens trouvent du reste abusif que la CCB soit mentionnée dans le rapport et se demandent s’il ne s’agit pas d’une tentative pour faire oublier les importantes subventions accordées par l’Union européenne à l’agriculture.

A notre avis, le monopole de la CCB ne devrait même pas faire l’objet de discussions, a estimé un représentant canadien. Et si on prend la peine de l’inclure, ce devrait être pour noter que la commission doit observer les mêmes règlements que les autres.

La Commission canadienne du blé détient un monopole depuis des décennies sur les exportations de blé et d’orge de l’Ouest canadien ainsi que sur les ventes domestiques pour consommation humaine. La CCB fait aussi l’objet de plaintes depuis des années de la part de fermiers et représentants commerciaux américains, lesquels ont tenté à pas moins de dix reprises de démontrer qu’elle se livrait à des pratiques commerciales déloyales. Rien ne les décourage cependant puisqu’ils ont entrepris une nouvelle tentative pour faire imposer des tarifs à l’importation.

Les représentants canadiens affirment que les propositions de M. Harbison menacent également la gestion des ressources canadiennes, ce qui aurait pour conséquence de réduire le coût des produits importés au détriment des produits domestiques, comme le lait.

En contrepartie, d’ajouter Mme Waldman et d’autres responsables canadiens, le rapport ne va pas très loin sur ce que devraient être les véritables objectifs de négociation, soit les énormes subventions à l’agriculture versées par l’Union européenne, le Japon et les Etats-Unis.

Cela dit, les représentants canadiens ne manquent pas de souligner que le rapport n’en est encore qu’à un stade préliminaire. Compte tenu de la diversité des opinions sur les subventions au commerce dans les pays impliqués dans les négociations, il est peu probable qu’un rapport définitif soit prêt avant la date limite du 31 mars.

D’autant plus que l’Europe et le Japon ont également critiqué certaines propositions du rapport Harbison, allant même jusqu’à le dénoncer.

Source : PC

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission canadienne du blé
http://www.cwb.ca/

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