La CSN veut une concertation de tous les intervenants pour sauver le seul abattoir de bouvillons du Québec

Valleyfield (Québec), 21 août 2007 – C’est une nouvelle tuile quitombe sur la région du Suroît. Le seul abattoir de bouvillons au Québec, l’abattoir Z. Billette de Saint-Louis-de-Gonzague, a fermé ses portes le 2 août 2007. Ce sont près de 300 emplois de qualité qui quittent le Québec. LaConfédération des syndicats nationaux lance un appel à tous les intervenantsdu milieu afin de trouver une solution pour relancer l’abattoir.

Pour le président de la Fédération du commerce CSN, Jean Lortie, ilimporte de trouver des solutions à la fermeture de l’abattoir dans une régiontrès durement touchée par la crise que vit le secteur manufacturier depuisquelques années. La fermeture de l’abattoir entraîne la perte de nombreuxemplois de qualité. Le syndicaliste y voit également un défi posé à tout leQuébec puisqu’il s’agit du seul abattoir de bouvillons au Québec. Le seulautre abattoir (Colbex) n’abat que des vaches de réforme.

« Est-il normal que le Québec ne dispose plus d’abattoir de jeunesbouvillons ? Ces boeufs seront dorénavant abattus ailleurs au pays ou auxEtats-Unis. Nous croyons qu’il est dangereux pour le Québec de mettre tous sesoeufs dans le même panier. Cela mine la sécurité et la souverainetéalimentaire du Québec et handicape notre capacité à faire face à d’éventuellescrises comme celle de la vache folle. Et puis, quels seront les impacts decette fermeture pour les petits éleveurs de bovins et pour l’avenir de cetteindustrie ? Enfin, il faut souligner qu’en faisant abattre les bouvillons horsde nos frontières, on augmente le transport par camion, donc les coûts et lapollution atmosphérique. Il est absolument nécessaire que tous lesintervenants de l’industrie se rencontrent pour trouver des solutions. C’estce à quoi nous les convions », explique Jean Lortie.

Pour sa part, la présidente du Conseil central de la Montérégie-CSN,Pierrette Poirier croit qu’on doit tout mettre en oeuvre pour éviter cenouveau choc pour l’économie de la région. « L’exportation des emplois dans lesecteur manufacturier, il faut que ça cesse. Après le textile à Huntingdon,Gildan, Goodyear, aujourd’hui c’est au tour de Z. Billette. Ce sont près de2500 emplois perdus en quelques années. Nous avons le devoir de nous asseoirtous ensemble et de trouver des solutions viables. S’il est clair que lesgouvernements provincial et fédéral détiennent une partie de la solution, nousavons tous nos responsabilités à prendre », estime-t-elle.

Quant au président du syndicat CSN, Stéphane Ménard, il rappelle que lesyndicat compte faire sa part. « Nous avons consenti récemment d’importantesconcessions au niveau de l’organisation du travail et des horaires dans le butde relancer l’abattoir. Nous sommes toujours ouverts à effectuer lesaménagements nécessaires pour permettre à l’entreprise de renouer avec larentabilité », soutient-il.

Un abattoir en difficulté
L’entreprise Les abattoirs Zénon Billette inc. a connu des difficultésfinancières importantes au cours des dernières années. Bien qu’elle aitenregistré des profits avant la réouverture de la frontière au commerce deboeufs vivants, en juillet 2005, la flambée du dollar canadien et desproblèmes de compétitivité ont eu raison de l’entreprise. Il faut par ailleurssouligner que tout le secteur de l’abattage de boeuf au Canada et auxEtats-Unis a connu des difficultés durant cette période. Pour redevenirconcurrentiel, l’abattoir de Saint-Louis-de-Gonzague doit se développerdavantage et accueillir de nouveaux investissements afin d’en améliorer laproductivité.

Jean Lortie a ainsi invité formellement le ministre de l’Agriculture, desPêcheries et de l’Alimentation, Laurent Lessard, la ministre du Développementdurable, de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, le ministre fédéralresponsable de la grande région de Montréal, Michael Fortier, le président dela Fédération des producteurs de bovins du Québec, Michel Dessureault,propriétaire de l’abattoir à hauteur de 80 % ainsi que les élus et les acteurssocio-économiques de la région à faire le point sur la situation et à bâtir unplan de relance.

Le Syndicat des abattoirs Z Billette inc – CSN est affilié à laFédération du commerce ainsi qu’au Conseil central de la Montérégie. Fondée en1921, la CSN compte 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteursd’activité dont plus de 10 000 dans le secteur agroalimentaire.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Confédération des syndicats nationaux
http://www.csn.qc.ca

Commentaires