La FAO insiste sur la dégradation de la sécurité alimentaire dans le monde

Rome (Italie), 11 septembre 2001 – L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) insiste sur la dégradation de la sécurité alimentaire dans son rapport annuel publié mardi, à deux mois du sommet des chefs d’Etat et de gouvernements de l’Organisation.

« Une série de sécheresses, d’inondations, de cyclones et de séismes sont venus nous rappeler la fragilité et la vulnérabilité de la production agricole et de la sécurité alimentaire face aux calamités naturelles », souligne le directeur général de l’Organisation, le Sénégalais Jacques Diouf, dans son avant-propos.

A ces catastrophes, M. Diouf a tenu à ajouter les conséquences « multiples et imprévisibles de la mondialisation » que sont la propagation des maladies des animaux, comme l’épizootie d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), et des plantes, ainsi que des rongeurs.

« Leur diffusion a souvent été facilitée par l’accroissement et l’accélération du commerce, par la multiplication des échanges de produits frais et d’animaux vivants et par l’ouverture de nouveaux circuits commerciaux », écrit-il. Le rapport 2001 de la FAO consacre un chapitre à ce problème.

Et l’épidémie du virus du SIDA avec 36 millions de personnes infectées dans le monde, dont 95% vivent dans les pays en développement, continue de représenter une menace grave pour la sécurité alimentaire, ajoute-t-il.

Jacques Diouf entend mettre les chefs d’Etat et de gouvernement devant leurs responsabilités à l’occasion du sommet de l’Organisation du 5 au 9 novembre.

Il devra auparavant régler le problème posé par l’exigence du gouvernement italien de transférer le sommet dans une autre ville que Rome, par crainte de violences pendant les manifestations annoncées par les mouvements opposés à la mondialisation.

Une décision sur la ville d’accueil du sommet est attendue dans les prochains jours.

Lors du dernier sommet, en 1996, les dirigeants du monde entier s’étaient fixé comme but l’éradication de la faim dans tous les pays, avec pour objectif intermédiaire quantifiable la réduction de moitié du nombre de personnes sous-alimentées d’ici à 2O15.

Au mois de novembre, « les chefs d’Etat et de gouvernement seront invités à indiquer les efforts mis en oeuvre pour atteindre cet objectif, à passer en revue les réalisations actuelles et à définir les mesures qui permettront d’accélerer le processus », affirme Jacques Diouf.

La FAO évalue à environ 826 millions le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde, soit 13% de l’humanité.

« Les améliorations enregistrées dans certaines sous-régions, en particulier en Asie orientale, ont été neutralisées par une détérioration dans d’autres régions, notamment en Afrique sub-saharienne, en Amérique centrale et aux Caraïbes », note le directeur général de l’Organisation.

Début 2001, plus de 60 millions de personnes dans 33 pays étaient confrontées à des urgences alimentaires liées à des catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme, souligne le rapport.

Le continent africain est le plus touché, mais cette situation de pénurie affecte également de nombreuses régions en Asie, au Proche Orient, notamment en Afghanistan, en Amérique latine et en Europe où une assistance alimentaire continue d’être nécessaire pour un million de personnes vulnérables dans les pays de l’ex-Yougoslavie et en Russie.

Or la production céréalière mondiale est tombée à 1852 millions de tonnes en 2000, soit un recul de 2% par rapport à 1999, et la FAO ne prévoit pas de renversement de tendance pour 2001.

Le total des importations céréalières des pays en développement pour 2000/2001 devrait atteindre 168 millions de tonnes, pour un coût de 23 milliards de dollars, « soit près de 2 milliards ou 9% de plus qu’en 1999/2000 », indique le rapport.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

http://www.fao.org

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