La hausse des prix des terres agricoles s’est poursuivie en France en 2004

Paris (France), 13 septembre 2005 – La hausse des prix des terres agricoles s’est accélérée en 2004, sauf dans les vignobles où elle marque le pas, selon une étude du ministère de l’Agriculture.

Le prix moyen des terres labourables et des prairies naturelles a augmenté de 3,3% en 2004 contre 3,0% en 2003, selon cette étude du service central des enquêtes et études statistiques (SCEEES) du ministère de l’agriculture. Hors inflation, la progression est de 1,7% contre 1,5% en 2003. A l’exception du vignoble champenois, le prix des vignes d’appellation enregistre leur premier recul depuis de nombreuses années.

Pour le ministère de l’Agriculture, plusieurs éléments auraient pourtant pu conduire à une décélération des prix des terres agricoles en 2004. Ainsi le revenu agricole a baissé et « des incertitudes subsistent » sur la gestion des droits à paiement unique introduite par la nouvelle politique agricole commune qui entrera en application en France au 1er janvier 2006.

Mais le faible volume des transactions et des taux d’intérêt de plus en plus bas stimulent les hausses de prix. En 2004, les surfaces échangées sont inférieures de 5% a celles de 2003 et de 11% par rapport a 1999. Le recul est encore plus sensible pour les achats des agriculteurs confrontés à la pression urbaine foncière. Les exploitants ont acheté 7% de surfaces de moins qu’en 2003 et 15% de moins qu’en 1999.

De fortes disparités subsistent entre les différentes catégories de terres et selon les régions. Le prix moyen des terres labourables atteint 4.100 euros par hectare contre 2.960 pour les prairies naturelles. Les zones à vocation touristique ou urbanisées affichent les prix les plus élevés.

Terres et prés confondus, un hectare se négociait en 2004 en moyenne a 7.920 euros dans les Bouches-du-Rhône et à 6.890 euros en Haute-Savoie.

Les prix sont presque aussi importants dans les régions de grandes cultures les plus productives comme le nord du Bassin parisien. Ils atteigent ainsi 6.200 euros dans la Somme et 6.060 dans le Val d’Oise. En Champagne l’hectare se vendait en moyenne près de 6.380 euros dans la Marne et l’Aube.

Les prix restaient par contre inférieurs à 2.500 euros en Bourgogne, Franche-Comté, dans les Pays de la Loire et en Limousin, des regions plutôt orientées vers l’élevage. Les cours les plus modiques sont inferieurs à 1.700 euros par hectare en Loire-Atlantique, en Creuse, et dans le Jura.

Sur l’ensemble de la France, les prix de 2004 ont baissé dans seulement dix départements. Les hausses les plus fortes, supérieures à 8%, ont été enregistrées dans le Lot, la Loire, la Haute-Savoie, le Cantal, la Vienne, les Ardennes et les Hautes-Pyrenées.

Hors Champagne, où ils ont progressé de 7% en 2004 après une hausse de 10% en 2003, le prix des vignes d’appellation a diminué de 1,6% en 2004. Cette baisse est sans équivalent depuis de nombreuses années. Elle illustre, selon la SCEES, la dépression de la filière vinicole et ses difficultés de commercialisation.

Les prix des vignes progressent encore en Alsace, dans certaines appellations du Val de Loire et en Bourgogne ou l’on enregistre une forte demande sur les grands crus en particulier les blancs. Par contre, les prix se tassent nettement dans les vignobles plantés en Bordeaux rouges, en Languedoc et dans la vallée du Rhône.

Sur l’ensemble des vignobles d’appellation, les prix atteignent en moyenne 73.290 euros l’hectare. Ils progressent de 1,8% contre, 4,2% en 2003.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture et dela pêche de la France
http://www.agriculture.gouv.fr

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