La hausse du prix des grains bientôt dans notre assiette

La pandémie a bouleversé les chaines d'approvisionnement, mais un autre choc risque maintenant de se répercuter sur le prix des aliments, surtout la viande. Avec des sommets en plusieurs années dans les prix des denrées de base comme les grains, les éleveurs d'un peu partout sont aux prises avec un bond dans le coût d'alimentation, que ce soit pour le bétail, le porc ou la volaille. Selon les experts, les coûts pour nourrir les animaux ont augmenté de 30% dans la dernière année. Pour rester rentable, certains transformateurs de viande, comme Tyson Foods, augmentent les coûts qui se répercutent sur les chaînes d'approvisionnement qyu apparaitront bientôt sur les étiquettes.

Habituellement, ces variations se font plus en douceur, mais les prix des grains ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 2012, soit lors de la sécheresse aux États-Unis. La hausse du prix de la viande avait été brusque mais maintenant, avec une pandémie, certains se demandent quels en seront les impacts si elle s'accompagne d'un bond de l'inflation.

Avec les campagnes de vaccination qui progressent et un éventuel retour à une vie plus normale, plusieurs analystes entrevoient que les consommateurs reprendront le temps perdu en dépensant. Avec d'importantes sommes d'argent dépensées pour maintenir les économies, cette demande refoulée pourrait créer une pression sur les prix à la consommation.

La hausse dans les prix des aliments pour les animaux risque pour sa part de demeurer pendant encore un certains temps puisqu’elle est en partie liée à la demande de la Chine et à de mauvaises récoltes qui ont réduit les stocks. Au Brésil, le plus gros expéditeur de volaille, le coût de l'élevage des poulets a bondi de 39% l'année dernière en raison de l'alimentation animale, selon Embrapa, une agence de recherche agricole appartenant à l'État.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a déclaré que les prix mondiaux de la viande en janvier avaient grimpé pour un quatrième mois consécutif.

Depuis le 1er décembre, les contrats à terme sur le maïs à Chicago ont augmenté de 29% et le soja de 19%. «Nous nous attendons définitivement à ce que les marges bénéficiaires soient réduites et que les producteurs devront en quelque sorte commencer à réfléchir à la manière dont ils vont couvrir ce prix», a déclaré Upali Galketi Aratchilage, économiste principal à la FAO.

Les épidémies de maladies animales pourraient également faire grimper les prix de la viande, certaines régions d'Europe et d'Asie connaissant des flambées de grippe aviaire. La peste porcine africaine, continue de se propager dans certains pays après avoir décimé les troupeaux chinois.

Aux États-Unis, les exploitations d'élevage et de volaille ont déjà commencé à se contracter en raison de la faiblesse des bénéfices au milieu de la pandémie. Le troupeau de porcs américains en décembre a chuté de 0,9% par rapport à l'année précédente et le cheptel de bovins en janvier de 0,2%, selon les données gouvernementales. Les bénéfices du bétail sont déjà en baisse. CRI Feeders dans l'Oklahoma, un parc d'engraissement avec 42 000 animaux nourris au maïs, atteint les limites quant à sa rentabilité, a déclaré le copropriétaire Scott Anderson. La sécheresse au sud-ouest des États-Unis a entrainé une pénurie de fourrages et les prix des aliments pour animaux ont grimpé de 30%. Selon un représentant de la Kansas Livestock Association, les défis du marché et des conditions météorologiques inciteront probablement les éleveurs à réduire leurs effectifs, ce qui va resserrer l’offre.

Source: Longview News Journal

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