La production porcine québécoise à l’heure de l’écoconditionnalité

Montréal (Québec), 4 février 2001 – « En se mettant à l’heure de l’écoconditionnalité, les producteurs et productrices de porcs du Québec démontrent une fois de plus qu’ils ont la ferme intention de continuer d’aller dans le sens d’une agriculture durable ».

C’est en ces termes que le président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec, M. Clément Pouliot, a commenté la signature de la Convention de mise en oeuvre de l’écoconditionnalité dans la production porcine au Québec, paraphée le 4 février, à Montréal, en compagnie du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, M. Rémy Trudel.

« En souscrivant concrètement à l’écoconditionnalité, a souligné M. Pouliot, la production porcine confirme le sérieux de sa démarche agroenvironnementale. L’adhésion à ce principe, a-t-il poursuivi, sera un incitatif certain à l’accélération de l’implantation de notre Plan agroenvironnemental. La volonté d’augmenter la cadence au niveau de l’environnement a clairement été manifestée par nos membres au cours de l’an dernier et se concrétise aujourd’hui ».

Le président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec a aussi tenu à souligner qu’en faisant un pas dans cette direction, la production porcine fait la démonstration qu’elle répond aux exigences d’associer des critères environnementaux au soutien financier offert aux producteurs porcins.

En substance, les producteurs de porcs, pour bénéficier d’une aide provenant des différents programmes, notamment de financement et de sécurité du revenu agricole, devront démontrer qu’ils sont conformes aux règles et pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Le plan de mise en oeuvre de l’écoconditionnalité, élaboré par un groupe de travail d’ici juin 2001, définira les conditions liées à l’attribution de l’aide gouvernementale. Les conditions porteront, entre autres, sur la nécessité d’une formation en agroenvironnement, l’obligation de détenir un plan agroenvironnemental de fertilisation (PAEF) et l’utilisation impérative de rampes d’épandage au sol. Un programme de validation à la ferme pourrait être élaboré pour attester que les entreprises répondent aux exigences.

« Nous avons indiqué au ministre québécois de l’Agriculture notre souhait de souscrire au principe d’écoconditionnalité. Par ailleurs, les producteurs désirent que le gouvernement reconnaisse réellement les efforts consentis par les producteurs pour protéger l’environnement. C’est pour cette raison que, dans le cadre de la convention, un groupe de travail sera mandaté pour évaluer la possibilité d’établir des indicateurs permettant de déterminer les rejets réels sur chacune des entreprises », a expliqué le président de la Fédération. Cette nouvelle façon de calculer les rejets à la ferme est un atout pour les producteurs puisque les porcs de l’an 2000 génèrent beaucoup moins de matières fertilisantes qu’il y a 20 ans, soit 30 % moins d’azote et 40 % moins de phosphore. « L’alimentation des animaux et les techniques de production y sont pour beaucoup », a-t-il précisé.

En terminant, M. Clément Pouliot a indiqué que le gouvernement devra également mettre en place les conditions financières favorables pour supporter les producteurs à se conformer aux nouvelles règles environnementales. « Un appui du ministère de l’Agriculture à l’application du Plan agroenvironnemental est indispensable à l’accélération de l’adoption de nouvelles pratiques sur les fermes. L’inclusion dans l’entente sur l’écoconditionnalité de la révision des modalités du programme Prime-Vert est une manifestation en ce sens », de conclure le premier dirigeant de la Fédération des producteurs de porcs du Québec.

Rappelons qu’en 1997 les producteurs et productrices de porcs du Québec ont enclenché leur Plan agroenvironnemental, une initiative qui a permis d’entreprendre des actions visant à améliorer la cohabitation avec le milieu et protéger l’environnement. L’an dernier, une série de plans d’interventions régionaux ont été mis en oeuvre. La mise en place du principe d’écoconditionnalité pourra accélérer l’atteinte de certains objectifs.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Le Porc du Québec

http://www.leporcduquebec.qc.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

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