La recherche sur les OGM au Salon de l’Agriculture pour se « dédiaboliser »

Paris (France), 28 février 2005 – Pour la première fois, la recherche française sur les OGM (Organismes génétiquement modifiés) s’expose au Salon de l’agriculture à Paris pour tenter de « dédiaboliser » ses travaux auprès du grand public.

« Face à l’impossibilité de mener en France des programmes de biotechnolgies végétales, nous redoutons tous un risque de décrochage de l’agriculture française façe à un monopole américain », a déclaré à l’AFP Pierre Pagesse, président de Biogemma, la seule entreprise française de biotechnologies végétales créée par des agriculteurs.

En 2003 et 2004, près de la moitié des essais OGM réalisés dans les champs français ont été détruits.

En visitant le stand de Biogemma samedi lors de l’inauguration, le Président de la République Jacques Chirac a dénoncé la « diabolisation » des OGM et a félicité les chercheurs d’être allés à la rencontre du grand public pour expliquer leurs travaux.

« J’espère que cette intervention claire du président de la République va permettre de faire comprendre les véritables enjeux de la recherche sur les OGM », déclare M. Pagesse.

Sur le stand de Biogemma, Alain Toppan, directeur de recherches, explique sans relâche la nature des sept ou huit expérimentations sur le maïs et la fétuque, une plante fourragère, que Biogemma veut mener en 2005 dans le Puy-de-Dôme, en Charente-Maritime et dans le Sud-Ouest.

« Nos OGM ne sont pas destinés a être vendus », affirme M. Toppan, même si Biogemma n’exclut pas cette possibilité à l’avenir.

Le directeur de recherches de Biogemma insiste sur le fait que, depuis 20 ans, « les résultats des recherches sur les OGM ont permis l’amélioration progressive du niveau des variétés végétales ».

« Les OGM sont un élément de réponse à la faim dans le monde. Mais il ne faut pas surestimer leur possibilité de résoudre ce problème », insiste-t-il.

Pour empêcher la fécondation par du pollen de la plante OGM des plantes voisines de la même espèce, M. Topplan soutient, avec force, que ces essais sont conduits dans le respect des distances d’isolement avec d’autres champs de la même espèce et avec la castration des plantes.

Malgré ces explications, le syndicat agricole Confédération Paysanne et les « Faucheurs Volontaires », avec souvent à leur tête José Bové, restent résolument opposés à toutes les expérimentations d’OGM « en plein champ », voulant que celles-ci soient confinées « en milieu fermé ».

Un OGM est un organisme (animal, végétal, bactérie) dont le code génétique (ensemble de gènes) a été volontairement modifié, lui conférant une caractéristique nouvelle.

Créé en 1997, Biogemma est détenu par les groupes coopératifs semenciers Limagrain (55% du capital) et Euralis (20%) et les organismes financiers des filières oléoprotéagineuse et céréalière — Sofiprotéol (10%) et Unigrains (1O%) — ainsi que par la société semencière RAGT (5%). Son budget annuel est de 16 millions d’euros et elle dispose de 120 chercheurs répartis dans quatre laboratoires (Clermont-Ferrand, Toulouse, Evry dans l’Essonne et Cambridge en Grande-Bretagne).

Source : AFP

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