La Russie abat en masse ses volailles pour juguler la grippe aviaire

Moscou (Russie), 1er août 2005 – Moscou a annoncé l’abattage de toutes les volailles de treize localités de Sibérie, où la forme transmissible à l’homme du virus de la grippe aviaire a été détectée pour la première fois en Russie, afin de tenter de juguler une épidémie venue d’Asie du sud-est.

Le Kazakhstan, pays d’Asie centrale voisin de la région russe touchée, a pris des mesures similaires dans une ferme de la région de Pavlodar et a établi des postes de contrôle vétérinaire à sa frontière avec la Russie.

En Russie, « l’abattage des volailles commencera le 2 août » dans les 13 localités touchées de la région de Novossibirsk, a annoncé le médecin chef de la région, Valeri Mikheev, cité par l’agence Itar-Tass.

Cette ultime mesure a été prise alors que le virus a déjà tué plus de 2 000 volatiles en Russie malgré des mesures de quarantaine renforcées après l’annonce vendredi que la forme du virus était la même que celle qui sévit en Asie du sud-est, où elle a déjà tué plusieurs dizaines de personnes.

D’où la crainte suscitée en Russie face à ce virus déjà détecté en Chine mais inédit en Russie et qui est arrivé, selon la version privilégiée par les autorités, par le biais d’oies sauvages en provenance d’Asie du sud-est.

« Le virus de la grippe aviaire de type A et de sous-type H5N1 a été diagnostiqué dans les échantillons de volailles malades de la région de Novossibirsk », avait annoncé vendredi soir le ministère de l’Agriculture dans un communiqué lapidaire.

« La grippe aviaire est arrivée jusqu’en Russie. La première atteinte est la région de Novossibirsk », titrait lundi le journal Gazeta, au-dessus d’une photographie d’un homme en combinaison et masque respiratoire retirant une volaille morte d’un poulailler industriel.

La presse russe évoquait le risque que l’épidémie ne se répande au reste du pays alors que les experts les plus catastrophistes craignent que le virus, qui se transmet des volailles vers les humains, ne devienne facilement transmissible entre humains et ne provoque une pandémie.

Juan Lubroth, expert de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) interrogé par l’AFP, se dit peu surpris par ce déplacement de l’épidémie de l’Asie du sud-est vers le Kazakhstan et la Russie.

« Il y a eu un déplacement (du virus) vers l’est de l’Eurasie. Aucun pays possédant des élevages de volailles n’est à l’abri de la grippe aviaire », a averti depuis Rome M. Lubroth, appelant la communauté internationale à « faire plus pour aider l’ONU à contrôler l’épidémie ».

Tout a commencé en Russie le 21 juillet dernier par l’annonce de la mort de 300 volailles dans le village de Souzdalka, dans la région de Novossibirsk. L’épidémie s’était rapidement étendue à 13 districts.

Et la mort annoncée lundi de 450 volailles dans la région d’Omsk et de 350 autres dans l’Altaï, près de la région de Novossibirsk, est venue aviver ces craintes, même si la cause des décès n’est pas encore connue.

Au Kazakhstan, ce sont quelque 2350 oies et 450 canards qui ont été tués par les services vétérinaires, à la suite de la mort, entre les 20 et 30 juillet, de plus de 600 volailles infectées par la grippe. Il n’est cependant pas encore confirmé au Kazakhstan que le virus soit celui transmissible à l’homme.

L’hospitalisation dans la région de Pavlodar d’un patient de 20 ans avait suscité des suspicions de forme humaine de grippe aviaire, dissipées lundi par des analyses diagnostiquant une grippe classique.

« Le virus de la grippe aviaire transmissible à l’homme est arrivé en Russie », s’inquiétait le quotidien Izvestia, allant jusqu’à donner des conseils de cuisson de la volaille permettant de se « prémunir de la grippe aviaire ».

Les autorités se voulaient quant à elles rassurantes, et le médecin chef de la région de Novossibirsk, Valeri Mikheev, assurait que « l’état de santé des habitants des localités concernées ne suscitait pas de craintes » et qu’un suivi médical quotidien était réalisé.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
http://www.fao.org

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