L’agriculture vue du ciel à St-Jean-sur-Richelieu

Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec), 14 août 2007 – Afin de souligner le fier partenariat qui unit les producteurs agricoles et l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, une envolée inusitée a été organisée. En effet, 15 agriculteurs propriétaires de fermesenvironnantes et représentants de l’Union des producteurs agricoles (UPA) ontpris l’initiative d’inviter 15 personnes à prendre place à bord d’unemontgolfière avec un pilote, et ce, afin de leur faire découvrir la diversitéagricole de la région vue du ciel. Les ballons se sont envolés non pas àpartir du site habituel, mais depuis les terres agricoles.

Les producteurs agricoles de la région sont d’ailleurs fiersd’accueillir, tout au long de ces journées de festivités, les montgolfièressur leurs terres et remercient leur partenaire l’International desmontgolfières de leur précieuse collaboration quant à la réalisation de cetteactivité.

« Cet événement ne pourrait avoir lieu sans la précieuse collaboration desproducteurs agricoles et de l’UPA. Grâce aux producteurs agricoles, lespilotes et les passagers peuvent contempler et parcourir les magnifiquespaysages de la Montérégie et atterrir dans les champs en toute sécurité depuismaintenant 24 ans », de dire M. Germain Poissant, président de l’Internationalde montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Pour Jaclin Bisaillon, représentant des syndicats de l’UPA parrains del’activité, il ne fait aucun doute que la meilleure façon d’apprécier lepotentiel agricole de la région se fait du haut des airs. « En plus du paysagebucolique qui s’offre à eux, les personnes qui ont eu la chance de survoler leterritoire ont pu réaliser toute la place qu’occupe l’agriculture dans unerégion comme la Montérégie et, de façon spécifique, la région environnantSaint-Jean-sur-Richelieu, située à quelque vingt kilomètres au sud deMontréal », a mentionné M. Bisaillon.

En outre, les terres agricoles sont souvent mises à contribution dans ledéveloppement d’industries récréotouristiques telles : montgolfières, sentiersde randonnées pédestres, pistes cyclables, de ski de fond, de motoneiges, etc.« Ainsi, l’International des montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieuconstitue un moyen extraordinaire de sensibiliser la population et nos”influenceurs” aux réalités de l’agriculture et de les informer sur laprofession agricole et ses pratiques », renchérit M. Bisaillon.

Rappelons que l’agriculture constitue un secteur économique important enMontérégie, avec près de 7 450 entreprises agricoles. Elle joue également unrôle majeur sur le plan économique, social et professionnel avec ses15 900 emplois et des recettes provenant du marché de 1,4 milliard de dollars.

« Nous en avons également profité pour sensibiliser les participants quantà la fragilité du territoire auprès de nos invités à bord des ballons et ce,due à la pression grandissante de l’étalement urbain », souligne le présidentet la Fédération de l’UPA de Saint-Jean-Valleyfield, M. Eddy Proulx. Cesterres devraient être mieux protégées qu’elles ne le sont aujourd’hui. Du hautdes airs, il nous a été plus facile d’illustrer nos propos en présentantnotamment quelques demandes de dézonage, particulièrement celles de la régionque nous avons survolée. En 2005-2006, les demandes adressées à la Commissionde protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) pour des utilisations àde fins autres que l’agriculture en Montérégie étaient de 3 500 hectares cequi équivaut à environ 6 000 terrains de football!

Notons que les sols qui se trouvent dans la grande plaine duSaint-Laurent sont d’une fertilité exceptionnelle et constituent, à ce titre,une ressource non renouvelable. Chaque hectare amputé diminue la capacité deproduire du Québec. Par conséquent, ce sont aussi les consommateurs québécoisqui en subiront éventuellement les conséquences. « Nous ne souhaitons pas quesoit mises en péril la sécurité alimentaire des Québécois et la vitalitéagricole d’une région prolifique comme la nôtre. Nous avons à coeur de nourrirla population. Si le territoire agricole continue de se fragiliser, à quoiressemblera le panier d’épicerie? Qu’adviendra-t-il des aliments de qualitéproduits ici ? », s’interroge le président de l’UPA de Saint-Hyacinthe,M. Réjean Bessette.

« La situation est d’autant plus inquiétante, signale de son côté leprésident général de l’UPA, Laurent Pellerin, que l’appétit des développeurset des municipalités pour la zone agricole semble sans limite ». La granderégion de Montréal, a-t-il souligné, croule sous les demandes d’exclusion duterritoire agricole, alors qu’il y a suffisamment d’espace en zone blanchepour assurer un développement urbain à long terme et accueillir jusqu’à unmillion de personnes supplémentaires.

En fait, a-t-il rappelé, plus de 50 000 ha ont été sacrifiés au Québecdepuis 1994. « Pourtant, de souligner le président de l’UPA, neuf québécois surdix disent souhaiter qu’on protège davantage les terres agricoles quand on lessonde sur cette question. Rappelons-nous toujours que chaque parcelle cédée àla construction d’une autoroute, d’un terrain de golf ou d’un projetdomiciliaire est à jamais perdue pour l’agriculture ».

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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